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Le Morvan au cœur de l'Europe
Vache charolaise à Montreuillon
Vache charolaise à Montreuillon
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Les acteurs économiques

L'élevage

Montreuillon, fidèle à ses racines rurales

Apologie de la vache charolaise !


 

Passeport bovin
Et pourquoi ne mettrait on pas ma photo sur mon passeport ?

Soyons coquins, si l'on vous dit :

Messieurs, ne révez pas, il ne s'agit pas de votre belle voisine mais de la charolaise qu'elle conduit au près ... !

D'ailleurs sitôt passé ce moment d'émoi vous pourrez consulter le "herd-book" charolais qui vous fournira une définition moins tronquée et avouons-le moins orientée, de cette belle vache si caractéristique des paysages morvandiaux.

 

 

Un peu d'histoire

Les origines de cette vache sont variables selon les auteurs; Pour les uns, ce sont les huns d'Europe centrale qui l'ont amenée, pour d'autres ce sont les Lombards. La version la plus exotique est la plus séduisante : elle serait revenue des croisades en tirant les lourds chariots des seigneurs de Damas de Thianges, seigneurs de Semur, grande famille noble du Brionnais au sud de la Bourgogne qui a donné à la chrétienté Renaud, abbé de Vezelay et plus tard évêque de Lyon et Saint Hughes abbé de Cluny.

La race s'est développée entre le 14eme et le 18me siecle entre l'Arconse et la Loire et entre les monts du Beaujolais et ceux du Morvan. Qui que ce soit qui l'ait amenée, elle est donc bien de chez nous !

Dans le Brionnais et le Comté de Charolle, pour des raisons politiques, les gestionnaires des terres avaient pouvoir de décision sur les rotations culturales et pouvaient agir en vrai propriétaires. De ce fait les élevages se sont développés et ont très tôt approvisionné Lyon et même Paris dès 1747 : les animaux y étaient acheminés en troupeau par les "toucheurs" et leur aiguillon (perche de cornouiller terminé par une pointe)

En 1775, Claude Matthieu venait de la vallée d'Orval une région d'embouche célèbre en Brionnais, et plus précisemment du village d'Oyé. Il s'établît fermier de la famille de Damas à Anzely près de Nevers commençât l'élevage de charolaises et ce fut le début de la colonisation du Morvan par cette race docile et robuste qui supplantât rapidement la petite vache rouge d'origine. Ce pionnier fut remplacé en début du xixe siècle par l'un de ses voisins du Brionnais, le fils cadet de Jean-Baptiste Ducray qui y fit souche

Les historiens se souviennent que la famille de Damas était alliée à la famille Talleyrand-Périgord elle même alliée à la famille de Choiseul-Praslin et à la famille de Bearn qui possédait des terres à Montreuillon. Une partie de celles-ci fut achetée en 1889 par Etienne Partiot et elles furent revendues en 1950 à Georges Emery (dit Robert), éleveur de charolaises ... ! De là à imaginer que ces vaches blanches sont arrivées depuis Anzely par Saint Saulge dès la fin du xviiie siècle à Montreuillon, il ne serait pas aberrant de le penser ... !

Des programmes d'amélioration de la race

C'est un remarquable animal de trait et dans les années 1820 de véritables programmes de sélection furent mis en place. Un essai de croisement avec le race Durham durât jusqu'en 1864 et les résultats furent d'abord encourageants, mais les métis étaient moins rustiques, plus grasses et leur aptitude au travail regressait : le retour vers une sélection en race pure fut engagé.

Après 1864, ce fut une extraordinaire expansion du cheptel, vers l'Ouest et la Vendée et dans le monde dans la moitié du xxe siècle. Aujourd'hui elle a peu de concurentes pour sa docilité alliée à ses qualités de viande et de rusticité. Elle est reconnue comme première race allaitante française.

 

Evolution des critères de sélection

La demande de viande s'accrût dès les années 1910 avec le début de l'exode rural et l'augmentation du niveau de vie dans les villes. Parallèlement à cette tendance qui ne s'est pas modifiée, l'animal de trait fut progressivement abandonné, d'abord du fait du développement des voies et des moyens de transport et de la spécialisation des régions : faire des céréales sur les terres pauvres du Morvan n'était plus rentable puisqu'on pouvait nourrir les villes à partir de produits obtenus plus facilement et apportés par le chemin de fer ou les canaux. Ensuite la mécanisation a précipité son abandon définitif.

Les champs ont progressivement été convertis en prairies et les sols chaulés pour en réduire l'acidité permirent un amendement et le semis de plantes fouragères. Le Morvan est resté cependant essentiellement une région "naisseuse" pour les bovins qui partent ensuite à l'embouche dans les régions périphériques plus riches et enfin à la boucherie.

Génétique

Quelques caractéristiques

la couleur blanche spécifique de la race charolaise est due à une mutation du gène responsable de la fabrication de mélanine qui n'est plus fonctionnel

La Charolaise peut possèder également un défaut de fonctionnement du gène responsable de la production de myostatine ce qui lui donne une allure de culturiste (culard) qui serait un avantage pour la production de viande, si ce n'était lié à des difficultés de vélage. Il est toléré pour cette race, mais souvent les éleveurs éliminent les animaux qui sont porteurs de cette anomalie.

A noter que sa longue sélection comme animal de trait a fait du charolais un bovin puissant et sans graisse, mais possédant une ossature très importante qui lui confère un rendement carcasse moindre que celui d'autres races comme la Limousine ou la Blonde d'aquitaine

 

La Charolaise en Morvan

source : Chambre d'agriculture de la Nièvre

Dans la région, l'élevage de bovins est essentiellement destiné à la production de viande (97 % des élevages) et même si petit à petit d'autres race sont introduites (limousine, salers et croisées), 90% du cheptel est charolais.

Il est à noter la forte réduction du nombre d'élevage (en 35 ans 68%) et entre 2006 et 2009, 8% des élevages ont disparu.

Cependant le nombre de bovins par troupeau augmente et le nombre de troupeaux de plus de 100 vaches a progresse de 33% depuis 2004 Actuellement, le cheptel bovin a tendance à s'agrandir.

Elevage et environnement

Si l'élevage a des conséquences néfaste sur l'Environnement comme la production de méthane (gaz à effet de serre), il faut aussi prendre en compte d'autres éléments liés à l'entretien des prairies et du bocage :

  • la lutte contre l'érosion, les graminées qui sont généralement pourvues d'un système racinaire très dense, maintiennent le sol en place;
  • l'écoulement de l'eau de surface est ralenti et permet à une grande partie de pénétrer dans la terre plutôt que de ruisseler directement et contribuer aux innondations;
  • Les prairies bien paturées sont de bons pare-feux;
  • Les haies entretenues sont des refuges et des habitats de beaucoup d'animaux et de végétaux, elles maintiennent la biodiversité de la faune et de la flore du bocage;
  • Les prairies stockent du carbone dans le sol et certains spécialistes n'hésitent pas à dire que cela compense la totalité du méthane émis. Elles contribuent ainsi à la lutte contre les changements climatiques;
  • enfin d'un point de vue économique et social, l'éleveur a une fonction de "jardinier du paysage" qui est considérée comme très important en économie de l'environnement et qui est favorable au maintien des populations en zone rurales;

A Montreuillon, l'élevage concernait 50 à 70 % des terres en 1946 (M.Wolkowitsch, 1946, Annales de géographie v.55 - 299:205-210). Aujourd'hui, il a complètement éliminé l'agriculture traditionnelle qui n'était pas compétitive. Ainsi c'est lui qui a contribué depuis plus de 50 ans à modeler les paysages et les village et c'est sur lui que repose aujourd'hui leurs caractères ruraux.

 

Références

L'élevage bovin en Bourgogne - évolution depuis 2000(1 Mo)

Histoire de la race charolaise

 

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