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Jean Séverin, écrivain

Pose d'une plaque commémorative par A. PARIS Président de l'Académie du Morvan


 

Montreuillon, samedi 12 juin 1999

Madame Marie-Paule BONDAT, Monsieur le Sénateur, Monsieur le Député, Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Mesdames et Messieurs, tous amis fidèles de Jean SEVERIN, réunis pour cet hommage.

Avant tout propos, permettez d'excuser au nom de l'Académie du Morvan, ceux de nos confrères empêchés d'assister à cette cérémonie, tout particulièrement M. Marcel VIGREUX, notre actuel Président, M. Claude ROLLEY Président successeur de Jean SEVERIN, MM Claude REGNIER, Julien DACHE, Albert JAILLET ... qui eurent le privilège de longtemps œuvrer aux côtés de Jean SEVERIN.

Pour l'Académie du Morvan, cet hommage collectif, la plaque sur la maison natale, a valeur de symbole, celui du lien entre l'écrivain et son pays . Alors que notre association se propose de restituer, de maintenir et de faire connaître l' unité spirituelle de notre région, elle constate que toute la vie d'Antonin BONDAT a été marquée par le Morvan natal jamais oublié.

 

Le Morvan de Jean SEVERIN c'est d'abord et avant tout le Morvan de l'enfance, une enfance passée à Montreuillon jusqu'à l'automne 1914, puis à Blismes chez les grands parents, avec l'imprégnation de la nature, de la vie, de la famille, de la vie du village, de l'école, de la paroisse, des hommes ... comme il l'écrit :

"Cette enfance, je ne m'en suis jamais délivré. Elle me fermera les yeux sur mon lit de mort. Elle me hante depuis qu'elle m'a trahi, ce matin de septembre où un tacot en deuil m'emmenait, toutes amarres rompues, vers la ville, les murs d'un collège. C'est elle que j'ai cherchée sur le visage de milliers d'enfants et d'adolescents ..."

Mais le Morvan de Jean SEVERIN c'est aussi un Morvan parcouru tant sur le terrain qu'à travers les auteurs et livres de notre mémoire, selon son expression, Morvan tel qu'il apparaît dans son "Morvan du cœur et de la mémoire", ouvrage majeur, ouvrage testament aussi. Il s'agit d'une connaissance certes sentimentale et passionnée mais en même temps vécue, réfléchie et bien rationnelle. La justesse de la description nous frappe, ainsi l'évocation en quelques lignes de l'ancienne mini exploitation constitue un raccourci historique et ethnologique dont beaucoup pourraient s'inspirer :

"Le triste privilège de l'âge m'a valu de suivre quelques étapes de la révolution agricole qui nous a conduits de la polyculture de subsistance à la fragile royauté du charolais.

Enfant, j'ai connu la ferme mouchoir de poche où l'on vivait en autarcie, semait "son" seigle et "son" blé pour faire "son" pain, l'avoine pour le bourricot et les volailles, les treuffes pour la maisonnée et l'usine à viande qu'était le cochon, salut des humbles. Quelques vaches pour le lait et la charrue, un quarteron de moutons, deux chèvres à l'occasion, ....

De même nous impressionne la lucidité face à l'œuvre du temps, refus de la nostalgie, fermeté de l'interrogation sur l'avenir :

"... Il faut se méfier de la nostalgie comme de la peste. Nous n'avons que trop vécu d'un certain folklore du passé, qui convient peut-être aux vieillards, mais qui est destructeur en fonction de l'avenir... Non le passé ne reviendra pas. Il faut regarder le présent en face et le presser comme un citron pour qu'il exprime les rares promesses qu'il renferme."

Et encore :

"On ne reviendra jamais au Morvan du passé ; tout s'y oppose dans la civilisation actuelle et l'histoire ne remonte jamais à sa source. Mais ce Morvan des jours enfuis nous a légué un héritage qu'il faut préserver comme un trésor et enseigner aux jeunes ..."

Une telle rigueur, une telle clairvoyance ne peuvent nous étonner de la part de celui qui ne se voulait ni penseur, ni philosophe, mais proche de la vie et dans l'espoir :

"Les idées dans leur tour d'ivoire m'ennuient ; elle ne m'attirent que si elles sont chair et sang et passent au filtre des sentiments."

Vous excuserez, Mesdames et Messieurs, l'abondance des citations, qui, au-delà d'images et de souvenirs personnels, nous livrent la trame d'une pensée qui survit, bien vivante, dans les écrits. Jean SEVERIN demeure présent dans son œuvre.

 

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