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Environnement - développement durable

Quand l'Environnement devient une ressource

Gestion des déchets - II. Le recyclage

Ce que deviennent les déchets triés et collectés


 

En cours de mise à jour

La valse hebdomadaire des sacs roses ou jaunes, et des biodégradables (ceux qu'il faut doubler pour éviter qu'il se déchirent), rythme la vie à Montreuillon ! A croire que tous les habitants du village sont parfaitement conscients de l'importance du tri pour la sauvegarde de la planête !

En fait, entre incompréhension ou fronde des uns et bonne volonté des autres, les choses ne sont pas évidentes : celui-ci ne comprend rien à la répartition entre les couleurs, celui là habite de temps en temps dans sa résidence secondaires et le tri ne correspond pas à ce qu'on lui demande dans sa ville d'origine. Ou encore cet autre affirmant de façon péremptoire que tout est mélangé à l'arrivée à la déchèterie et qu'il est donc inutile de trier ...! Certains essaient malgré tout de respecter au mieux les consignes données.

Il est vrai aussi que les sociétés gérant la collecte sélective n'ont pas toujours délivré un message clair et pédagogique : accent mis sur ce qui était interdit plutôt qu'une explication positive argumentée, impossibilité de savoir que faire de certains déchets non prévus dans les listes, menaces de contraventions et de sanctions sur les usagers qui se tromperaient dans leur tri, etc.

A Montreuillon par exemple, un vérificateur retirait les déchets mal triés et les abandonnaient sur la voie publique, dans le caniveau; un autre ne ramassait pas ces sacs ; l'usager de bonne foi, mais passible d'une contravention ne se fit évidemment pas connaître : sans l'adhésion de la population, le tri ne peut pas être efficace !

Dans le même temps certaines Communautés de communes dynamiques, supprimaient la taxe sur la gestion des déchets ménagers, instauraient une taxe minime pour le ramassage trié en compensation d'une collecte payante, au poids du non-trié : la conséquence immédiate fut une amélioration du tri et une réduction importante de "la poubelle normale" (OMR)13 !

Heureusement les comportements des uns et des autres s'améliorent et ces pages ont l'ambition de répondre à la question : trier, pourquoi ? Elles sont consacrées au recyclage, c'est à dire à ce qu'il advient des déchets qui sont confiés aux sacs et conteneurs spécialisés, pour que tous agissent en connaissance de cause.

Histoire du recyclage

Au xvie siècle

Le Roi François Ier fut le premier à s'émouvoir de la saleté de Paris.

Il fit organiser la collecte des déchets biodégradables destinés à l'agriculture et les "chiffonniers" apportaient le reste dans des décharges à la périphérie des villes. Les chiffons étaient récupérés pour faire du papier, les peaux de lapin transformées en colle, les os en allumettes ou gélatine.

Plus tard les "ferrailleurs" trièrent le métal pour le réutiliser. Le système dura jusque dans les années 1870 (!).

Au xixe siècle

La découverte de l'origine bactérienne de certaines maladies par Pasteur incita les autorités à gérer les eaux usées et elles publièrent en 1870 un arrêté interdisant les tas d'ordures sur la voie publique.

En novembre 1883 le préfet de la Seine Eugène Poubelle signa un arrêté relatif à l'enlèvement des ordures ménagères et vulgarisa le récipient éponyme dans le but de supprimer les accumulations d'immondices dans les rues . Ce qui révélait de facto le peu d'effet de l'arrêté de 1870 !

Si dans les campagnes l'hygiène laissa encore longtemps à désirer, dans les villes les épidémies rappelèrent souvent aux habitants la nécessité de la propreté.

Au xxe et xxie siècle

Les guerres et les pénuries qu'elles entraînèrent, favorisèrent la récupération et le recyclage (fer, bois, vêtements, etc.).

Cependant l'intensification industrielle l'accroissement de la consommation et la mise au point de nouveaux matériaux issus du pétrole remirent beaucoup de choses en question et de nouvelles dispositions durent être prises.

Ainsi en 1972 l'immersion des déchets industriels et radio-actifs dans les océans fut interdite par la Convention de Londres. En 1975 les collectivités locales devinrent responsables de la collecte et de l'élimination des ordures ménagères. Ce fut le début du recyclage industriel, mais c'est en 1988 seulement que le premier centre de tri vit le jour, à Dunkerque.

En 1992 la loi obliga les communes à valoriser et recycler les déchets ménagers. Les Départements se mobilisèrent, les sociétés de recyclage se multiplièrent.

Enfin, des initiatives émergèrent favorisées par la prise de conscience des autorités politiques, sous l'influence des institutions scientifiques, de la destruction de l'environnement et de l'épuisement inéluctables des ressources naturelles.

Tri et recyclage vs Incinération et décharges

La Suède n'a pas attendu Greta Thunberg pour valoriser 99% de ses déchets ménagers (50% incinérés et 49% recyclés). La Belgique traite 89% de ses emballages (sauf les plastiques), l'Allemagne et l'autriche sont les champions d'Europe du recyclage . Ces pays comme les Pays-Bas, le Danemark et le Finlande n'ont presque plus recours à l'enfouissement. La France met encore en décharge le tiers de ses déchets

Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire, beaucoup de déchets sont déjà recyclés . Ceux qui ne le sont pas encore sont incinérés et finalement mis en décharge. Et les progrès de la science permettront sans aucun doute d'améliorer les procédés de traitement.

Ce qui est regrettable c'est que la vente des matériaux recyclables (via Eco-Emballage ou Adelphe ou directement aux entreprises) rapporte de l'argent, de même l'incinération qui produit de la chaleur et de l'électricité, mais l'enfouissement des déchets, pollue sans rien rapporter.

Certes, le Haut conseil de la santé publique rappelle que les incinérateurs sont la principale source de dioxine en France (60% des émissions) :

  • les dégagements de fumées (refiom14) contiennent de la dioxine, des furanes et des métaux lourds carcinogènesl15 et tératogènes16 sans compter un millier d'autres molécules non identifiées. Ils sont difficilement controlés par les filtres au charbon actif (cf. l'incinérateur de Gilly-sur-Isère17)
  • les résidus solides comme les machefers sont pour certains trop toxiques pour être répandus dans le support des routes sans risquer de polluer la nappe phréatique.

Mais la destruction par le feu reste pourtant pour l'instant le moyen ultime le plus efficace pour lutter contre les décharges sauvages, grandes sources de pollution et de dégradation de l'Environnement.

Actuellement la tendance est de limiter les enfouissements aux "produits ultimes" qui ne peuvent vraiment pas être valorisés dans l'état actuel des connaissances.

Ce qui n'empêche pas les lixiviats4 de continuer à entraîner les polluants, percoler dans le sol, atteindre les nappes phréatiques et ce problème n'est pas réglé.

La meilleure solution reste donc :

  • la réduction de la production des déchets,
  • le tri en amont,
  • le recyclage

Mais cela demande encore beaucoup de travail et surtout une véritable adhésion des citoyens !

Le Traitement mécano-biologique (TMB)19

Le traitement Mécano Biologique (TMB) s'est développé en France dans les années 2000. Il consiste à collecter les déchets sans tri préalable et les apporter dans des usines.

Là sont séparé automatiquement le recyclable et le biodégradable.

Les déchets ultimes sont stabilisés en vue de leur incinération sous forme de"Combustible solides de récupération" (CSR) et/ou enfouis en décharge

Aujourd'hui il existe une soixantaine de ces complexes en France

Cependant le procédé est vivement contesté : outre le fait que les usagers ne se sentent pas concernés par le devenir de leur déchets, les riverains se plaignent des odeurs et des mouches.

De plus, les composts obtenus sont refusés par les agriculteurs car ils contiennent du verre, des métaux lourds, des résidus de toutes sortes.

Enfin, hormis les métaux séparable par magnétisme, les déchets recyclables sont mal triés donc considérés comme "Ordure ménagère résiduelles" (OMR), stabilisés en "combustibles solides de récupération" (CSR) et envoyés à l'incinération ou à la décharge.

L'ADEME qui appelle sur son site web les collectivités à la prudence a "supprimé les soutiens financiers aux projets de TMB avec production pour retour au sol de compost ou de digestats issus d'OMR"

La loi de transition énergétique du 17 aout 2015 qualifie cette technique de "non-pertinente"

Enfin la Cour des comptes travaillant sur l'usine AMETYST de Montpellier a confirmé les nuisances dénoncées par les riverains (nuisances olfactives et mouches), constaté que l'usine ne fonctionnait qu'à 65% de ses capacités annoncées et qualifié sa situation financière de calamiteuse !

Est ce à dire qu'il faille abandonner ce type de traitement ? Non évidemment car la gestion des déchets dans les villes à la population indisciplinée est difficile et la technologie sera certainement améliorée.

Mais quand même ..., le tri à la source est pourtant adopté depuis longtemps dans les grandes métropoles du Nord de l'Europe comme Bruxelles (Belgique), Copenhague (Danemark) Stockolm (Suède), Berlin (Allemagne) ou Vienne (Autriche) !

Un autre exemple : voila environ 50 ans que le tri est pratiqué dans la petite ville de Freiburg‑im‑Breisgau (Allemagne) et personne ne trouve encore anormal de ne pas mélanger les types de déchets !

Montreuillon n'est heureusement pas concerné par ce type de choix, ce qui n'empêche pas de se montrer vigilant, d'adopter des procédures adaptées au milieu rural et de tout faire pour que les populations comprennent les objectifs à atteindre.

 

Conclusions

 

Le plus difficile est d'obtenir une véritable adhésion et une mobilisation réelle des habitants pour participer activement à cette dynamique de gestion de ses propres déchets.

La compréhension des processus de recyclages et de la nécessité absolue et urgente pour la nature, d'un tri préalable convenable, favoriserait peut être la lutte contre le gaspillage des ressources de la planête.

Avant de devoir mettre en place des mesures coercitives, peut-être aussi qu'un aménagement sélectif des taxes serait plus efficace que l'aberration actuelle basée sur la surface locative qui est envisagée à Montreuillon. Favoriser financièrement un tri convenable aux dépends du laxismes par exemple, tel que cela se pratique dans la Communauté de communes Sud Alsace !

Ainsi il sera traité dans cette série de pages consacrées au recyclage des déchets ménagers, ce qui concerne au quotidien les habitants du village : le papier et le carton, les emballages plastiques, aluminium et métal, le verre et le biodégradable.

 

Bibliographie

 

  • Dietmann D.-2001 - Déchets ménagers : le jardin des impostures, Ed. L'Harmattan - 160 p.
  • Le Bozec A. et al, 2012. Que faire des déchets ménagers, Ed. Quae - 227 p.
  • Millet S. - 2008 -La stratégie du colibri, Ed. Minerva - 284 p.

 

Documentation numérique

Le Traitement Mécano-Biologique des déchets (TMB)

 

Notes

  1. Ruban de Möbius : symbole des matérieux recyclable depuis 1970. S'il apparait un % au centre cela signifie qu'il contient une certaine quantité de matière recyclée
  2. Déchèterie : symbole de la déchèterie
  3. Point vert : le fabricant participe au financement d'un système de gestion des déchets d'emballage. Cela ne signifie pas que le produit est recyclable (pictogramme en voie de disparition)
  4. Triman : le produit est récupérable
  5. Verre recyclable : le verre est recyclable ou même déja recyclé
  6. Papier et carton recyclés : le % indique la quantité de produit recyclé utilisée dans ce produit
  7. Tidyman : incitation à la propreté
  8. Ecolabel européen : les produits qui portent ce label respectent les critères écologiques définis au niveau communautaire
  9. Acier : l'acier est recyclable
  10. Aluminium : l'aluminium est recyclable à 100% et à l'infini
  11. Types de plastiques :
    • 1-(PET) polytéréphtalate d'éthylène - diverses bouteilles de boisson
    • 2-(HDPE) polyéthylène haute densité - contenant de produits alimentaires
    • 3-(V) chloroéthène/polychlorure de vinyle - contenant de produits d'entretien et de soins individuels
    • 4-(LDPE) polyéthylène basse densité - sacs poubelle, sacs de congélation, bâches , autres contenants souples
    • 5-(PP) polypropylène contenants et couvercles de produits alimentaires, margarine, produits laitiers
    • 6-(PS) polystyrènes expansés - matériaux d'isolation, plateaux à viande, poisson, fruits et légumes
    • 7-(Other) autres types de plastiques
    Tous les plastiques ne sont pas obligatoirement recyclés
  12. Poubelle barrée : le produit ne doit pas être jeté dans la poubelle mais apporté dans un point de collecte spécialisé - ampoules, matériel électronique ou produits dangereux
  13. OMR : Ordures Ménagères Résiduelles - à Montreuillon, à défaut d'employer des sigles incompréhensibles, on parle de "poubelle normale" contenant tout ce qu'on ne sait pas ou ne peut pas trier.
  14. REFIOM : "Résidus de Fumées de l'Incinération des Ordures Ménagères"
  15. Produit carcinogène : qui peut provoquer des cancers.
  16. Produit tératogène : substance qui pertube le développement embryonnaire chez le foetus et provoque des malformations.
  17. Incinérateur de Gilly-sur-Isère : dans les années 2000 des riverains de l'incinérateur découvraient que l'installation déversait dans l'air de la dioxine 750 fois supérieure aux norme autorisée, empoisonnant de ce fait toute la vallée d'Albertville en Savoie. A l'issue du procès, 40 incinérateurs furent fermés.
  18. Lixiviats : liquide résiduel provenant de percolation de l'eau à travers des déchets. Ils devraient être recyclés (compostage pour les produits organiques) ou retraités (polluants chimiques, métaux lourds, etc)
  19. TMB : Traitement mécano-biologique . Procédé de traitement après collecte des déchets

 

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