Montreuillon
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Montreuillon
Le Morvan au cœur de l'Europe

 

 

Montreuillon est situé sur la ligne où se séparent les eaux de l'Yonne et celles de de la Loire. Situé 10 km à l'ouest, c'est La Collancelle emplacement du bief de partage3 du canal du nivernais. La rigole d'Yonne qui l'approvisionne traverse la vallée de l'Yonne ... sur l'aqueduc de Montreuillon. Le village, est depuis toujours concerné par l'aventure du canal du Nivernais et il a longtemps vécu au rythme des vissicitudes qui ont accompagnées sa construction et sa gestion.

Le canal du Nivernais, une aventure à rebondissements

L'histoire du canal du Nivernais est intimement liée à celle du flottage en Morvan destiné à transporter le bois de chauffage sur Paris.

Bien avant le xvie siècle, la question du chauffage de Paris se posait avec gravité car toutes les forêts proches de la ville avaient déja été exploitées En 1520 le roi François Ier subodorait un moyen d'exploiter d'autres gisements forestiers et transporter le bois par flottage comme on le faisait déjà avec les bois de marine. Il interdit donc la destruction des forêts riveraines jusqu'à 6 lieues en bordure des ruisseaux flottables (M.Quantin, 1885).

Les techniques de transport du bois à bûches perdues13 et de construction des trains de bois13 furent mises au point jusqu'au milieu du xvie siècle : le 20 avril 1547, Henri II venait de monter sur le trône depuis 3 semaines, le premier train de bois construit par Charles Leconte arriva dans la capitale depuis Clamecy sur l'Yonne et le 23 juillet 1549, Jean Rouvet reprenant l'initiative de Gilles Deffraissez fit de même par la Cure. L'aventure du flottage "du bois de chauffe et de four" en provenance du Morvan pouvait commençer !

 

Canaux et "flottage des petites rivières"14

Le Beuvron

Le Beuvron est un affluent de l'Yonne qui prend sa source dans la forêt de Tronçay (commune de Saint-Révérien), à moins d'1 km de la ligne de partage des eaux entre le bassin de la Loire et celui de l'Yonne. Il prend tout de suite une orientation Sud-Nord et se jette dans l'Yonne 40 km plus loin, à Clamecy. Son débit est de 3.1 à 4.6 m³/s de décembre à mars mais il subit un étiage12 très prononcé de 0.46 m³/s de juillet à septembre.

 

La Vaucreuse ou le premier canal du nivernais

Source principale : Michel Geoffroy

Au début du xviie siècle, Jean de Gert, "Maître des écluses" de Louis XIII, imagina relier la Loire à l'Yonne en passant par l'Aron et le Beuvron, mais son projet resta dans les cartons.

Pourtant en 1648, sous le règne de Louis XIV, le Comte François de Damas Seigneur de Crux entreprit de franchir la fameuse ligne de partage des eaux19 en creusant le canal de la Vaucreuse (encart) qui relie l'étang d'Aron (bassin de la Loire) pour rejoindre Le Beuvron (bassin de l'Yonne) après 4,8 km en suivant les courbes de niveaux.

En 1780 l'un de ses descendants la prolongea par une rigole partant de l'étang de Ligny jusqu'au début de la Vaucreuse de 1648

Après 4 siècles, force est d'admirer le travail titanesque que représentait cette entreprise : tranchées dans le grès, ouvrages d'art en pierres taillées, ... La forêt a maintenant repris ses droits, mais la Vaucreuse, premier véritable canal à relier le bassin de la Loire et celui de la Seine est encore visible : il reste à espérer qu'elle ne disparaîtra pas sous les bulldozers pour satisfaire les besoins à court-terme de notre "civilisation". L'expérience du canal du Nivernais actuel (1841) qui devait être comblé car jugé inutile et qui aujourd'hui est le deuxième canal le plus fréquenté de France par le tourisme fluvial, conduit pour le moins à réfléchir !.

=> En savoir plus sur la Vaucreuse …

 

L'Arthel

De même, à la même époque, sans avoir à traverser la ligne de partage des eaux, le flottage put s'organiser sur la rivière d'Arthel. Il fallut creuser un canal de 4 km pour contourner le moulin de Treigny et atteindre le Beuvron (encart)

 

Un flottage difficile

Pour des raisons économiques et techniques, le flottage sur le Beuvron ne put jamais rivaliser avec celui de l'Yonne ou de la Cure. E.Guillien (1999) montra que le bénéfice obtenu était réel mais peu important.

De plus le bassin versant du Beuvron atteint seulement les 264 km² et il subit une une période d'étiage sévère de 3 mois par an. Par ailleurs, les moulins et les forges étaient nombreux, imposant de passer 14 vannes sur le Beuvron et 18 sur le Sauzay.

Enfin une difficulté supplémentaire se présentait au confluent du Sauzay et du Beuvron au lieu-dit La Fourche : les flots de bois étaient "tirés" empilés pêle-mêle, pour être regroupés rejetés et descendus en "flots communautaires" jusqu'à la râcle de La Forêt pour éviter les mélanges avec le bois du Haut-Morvan.

A la révolution une rigole fut creusée depuis La Fourche jusqu'à la râcle de La Forêt, la "rigole des marchands". Le dernier "flot des petites rivières" arriva à Clamecy en 1891 et la rigole des marchands fut comblée en 1900 !

 

La Vaucreuse sous la route de Forcy à Moussy
La Vaucreuse sous la route de Forcy à Moussy
Pont sur la Vaucreuse, en aval du pont Magnard
Pont sur la Vaucreuse, en aval du pont Magnard
Origine de la Vaucreuse (1780) Étang de Ligny
Origine de la Vaucreuse (1780) Étang de Ligny
La Vaucreuse, creusée à la main dans le grès !
La Vaucreuse, creusée à la main dans le grès !
Le 'pont de fer' sur la Vaucreuse
Le 'pont de fer' sur la Vaucreuse

Le flottage sur l'Yonne et la Cure

Par contre le flottage sur l'Yonne et la Cure s'améliora de saison en saison pendant plus de 2 siècles. Cependant Paris s'agrandissait et l'exploitation des forêts Morvandelles devenait de plus en plus difficile.

Le bois du Bazois

Les projets

jusqu'à cet hiver très rude de 1782-83, sous le règne de Louis XVI, quand la capitale connut une pénurie de bois. L'idée d'étendre l'exploitation aux forêts du Bazois fut avancée. Le Maître des Eaux et forêts Ménassier se vit chargé du projet

Sur place, à Châtillon-en-bazois situé à 17 km de Montreuillon du coté Loire sur les rives de l'Aron, Léonard-Anne-Gabriel Marquis de Pracomtal était tenté lui aussi de "flotter". Le Marquis connaissait les expériences de Crux et Arthel et il hésitait entre rejoindre l'étang d'Aron et la Vaucreuse ou Baye où Ménassier prévoyait le perçage d'une rigole de flottage, souterraine dans le porphyre de La Collancelle et à l'air libre à partir du ruisseau de La Collancelle jusqu'à "La Chaise" sur l'Yonne

Du coté Loire, des projets d'aménagement du ruisseau de Baye à partir de Mingot, au confluent avec l'Aron jusqu'à Bazolle où l'on pensait possible de passer la ligne de partage des eaux plus facilement qu'à La Collancelle étaient à l'étude. Les ingénieurs durent se rendre compte que l'extrusion de la ryolithe s'était produite depuis Montreuillon jusqu'à la Collancelle donc en passant au niveau de Bazolle et que le meilleur site était encore celui de La Collancelle proche des étangs de Baye et de Vaux

La rigole de flottage

D'ailleurs le 10 avril 1784, le Roi signa le début des travaux à cet emplacement et en confia la Direction à l'Ingénieur Aimable Hageau. Un second arrêt ordonna cette même année le début des travaux de Baye à Châtillon-en-bazois (sous l'influence du Marquis de Pracomtal ?)

L'année 1785 fut terrible pour le morvan, pays pauvre à la population courageuse où chacun était à l'affut d'un travail qui pourrait améliorer le sort de sa famille. Le tunnel de la Collancelle devait être taillé dans la ryolithe, mélange de roche magmatique et de granite, un matériau très dur travaillé à la dynamite et au pic. Une difficulté apparut rapidement : des fissures s'étaient produites dans le bloc de porphyre probablement lors de la formation de la faille géologique principale toute proche et l'altération des roches avait créé des couches argileuses incluses dans le rocher ; une situation propice aux glissements de terrain et aux éboulements ! Ce petit canal de flottage nécessitait un travail très pénible et dangereux et 1200 ouvriers par jours venant du Morvan mais aussi de toute la France et même ... des prisons (!), étaient à l'embauche chaque matin. Ils appartenaient à plusieurs corps de métier, voituriers, forgerons, manoeuvre, etc. Les effondrements de galeries étaient fréquents et les accidents se comptaient par dizaines. Quand l'un d'entre eux fit 70 victimes, les ouvriers cessèrent le travail, se révoltèrent et le chantier fut arrêté.

Un canal navigable

En mai 1786, une commission d'évaluation scientifique fut dépêchée. Elle était composée des commissaires de l'Académie des sciences, l'abbé Charles Bossut, l'abbé Alexis-Marie Rochon et du fameux Nicolas de Caritat marquis de Condorcet. Ils conclurent à l'intérêt d'étendre le projet de construction d'une simple rigole flottable à celui d'un canal navigable poursuivit jusqu'à Cravant où l'Yonne était suffisamment profonde pour accueillir des bateaux à tirant d'eau important.

Il faut rappeler qu'il ne s'agissait toujours que de l'alimentation en bois de chauffage de la ville de Paris. La liaison Loire-Seine n'etait toujours pas prévue.

En mars 1791 les travaux s'arrêtèrent faute de financement suffisant. Un mois plus tard, le roi débloqua de nouveaux crédits mais quelques jours plus tard la famille royale était assignée à résidence aux Tuileries et le pouvoir du Roi lié par l'assemblée. En juin, la fuite de Louis XVI entraîna son arrestation.

Le 10 août 1792, c'etait la prise des Tuileries, le début de la Terreur et des massacres de septembre, l'abolition de la monarchie constitutionnelle, et l'avènement de la 1re république. La France était en guerre avec toute l'Europe et la plupart des ouvriers du canal étaient sous les drapeaux.

 

La rigole d'Ardan
La rigole d'Ardan
un captage astucieux
La rigole d'Ardan
La rigole d'Ardan
2 vannes permettent de prélever l'eau nécessaire au Canal et d'évacuer le surplus dans l'Yonne
La rigole des Mortes
La rigole des Mortes
La rigole des Mortes
La rigole des Mortes

 

L'arrêt définitif du projet est envisagé

De 1792 à 1807 les travaux furent à nouveau arrêtés, Napoléon Premier-Consul en 1797, devenu Empereur en 1804 n'était pas intéressé par le canal du nivernais, lui préférant celui de Saint-Quentin qui permettait de transporter la houille à Paris et ainsi progressivement remplacer le bois.

Le Ministère des Finance envisagea de revendre les terrains et demanda à l'Ingénieur A. Hageau un rapport d'évaluation sur l'utilité du canal. Les conclusions furent favorables et le chantier repris en 1809 mais tout fut à nouveau interrompu en 1812 (c'etait la campagne de Russie, la Grande armée avait besoin de soldats !)

Louis Becquey, nouveau Directeur des Ponts et Chaussées rédigea en 1820, le fameux rapport synthétique et référent : "Rapport au Roi sur la navigation interieure de la France". Il préconisait la création de 10 000 km de canaux en France avant 1840, mais rien ne bougea.

Reprise des travaux et inauguration

Pourtant pour résorber le chômage, Louis XVIII fit reprendre le travail en 1822 ; tout était resté à l'abandon et il fallut réhabiliter, talus, écluses, fuites, éboulements à La Collancelle, etc. Les fonds furent apportés par la Compagnie des 4 Canaux7 nouvellement crée auquel s'était joint un consortium d'une dizaine de banques, ce qui dynamisa la reprise du projet et aboutit à sa conclusion.

En 1824 le projet fut étendu au vu du rapport de Louis Becquey le canal devait être prolongé jusquà Decize (Saint-Léger-des-vignes) coté Loire et jusqu'à Auxerre coté Yonne

Et puis les choses se précipitèrent : en 1834, un premier bateau arriva à Baye en provenance de Coulange-sur-Yonne ; en 1835 le tronçon Baye–Châtillon fut ouvert ; en 1838 c'était la portion La Chaise – Port-Brûlé coté Yonne et le 5 avril de la même année coté Loire le préfet B. Badouix ouvrit le canal de Cercy–la–tour à Châtillon !

l'inauguration du Canal fut célébrée dans la liesse en 1841. Sa construction s'était étalée sur 60 ans avec environ 25 ans d'interruptions et des événements politiques d'une importance sans précédent. Son coût initial était estimé à 8 millions de Francs–or, il en coûta 27 millions.

Epilogue à rebondissement

La rigole d'Yonne

Tout n'était pas réglé pour autant : plusieurs années consécutives de sécheresse estivale démontrèrent que les étangs de Baye et Vaux ne pouvaient pas assurer seuls un fonctionnement correct du canal. Cela rendit nécessaire la construction d'une rigole d'alimentation du bief de partage, ce fut la rigole d'Yonne un canal de 28 km pour 15 m de dénivellation, qui captait l'eau de l'Yonne au pont de "Pannessière". Cela entraîna la construction de trois aqueducs sur la commune de Montreuillon. Cette fois, les travaux furent menés à terme rapidement et l'inauguration de la rigole put se faire en 1843. Le canal était pleinement fonctionnel !

 => En savoir plus sur la rigole d'Yonne … 

 => En savoir plus sur les aqueducs de Montreuillon … 

la rigole d'Aron

Source : Michel Geoffroy

Pourtant une étude fut lancée en 1861 pour creuser une deuxième rigole, coté Loire. Le 10 décembre 1868 Napoléon III déclara d'utilité publique avec un financement de 500 000 F-or sa construction ce fut la rigole d'Aron qui captait l'eau de l'Aron à 2 km de sa source, serpentait en suivant les courbes de niveau sur 25 km pour arriver dans l'étang de Vaux. Elle fut inaugurée en 1878.

La pente était sensiblement la même que celle de la rigole d'Yonne (20 m sur 25-28 km) mais malheureusement son débit était trop faible, l'Aron à sa source (280 m) disposait d'un volume d'eau disponible très inférieur à celui de l'Yonne (dont la source se situe à 738 m d'altitude et la prise d'eau 15 km plus loin permettant à de nombreux affluents d'apporter leur contribution), les sols étaient trop filtrants alors que la rigole d'Yonne coulait sur du granite imperméable, construction en déblais11 sur les 8/10 de sa longueur : en janvier , alors qu'elle devait être pleine, la rigole n'avait de l'eau que pendant ⅓ du temps !

La rigole d'Aron n'a donc fonctionné que pendant 25 ans et elle a été abandonnée en 1910. Elle fut nettoyée très sérieusement jusqu'en 1925 et cessa lors de la mise en retraite du dernier cantonnier en 1936.

En 1948, une restauration sommaire fut réalisée sur les 6 derniers kilomètres et en 1949 les 18 premiers kilomètres furent déclarés "inutiles". En 1950 l'exploitation fut complètement arrêtée : il faut dire que cela correspondait à l'inauguration du barrage de Pannecière qui devait assurer définitivement un débit constant et suffisant à la rigole d'Yonne (qui de plus avait été bétonnée sur toute sa longueur depuis les années 1930).

=> En savoir plus sur la rigole d'Aron …

Nouvelle condamnation du Canal du Nivernais

Pourtant à l'aube du xxe siècle le canal semblait inexorablement condamné à disparaitre !

Le premier coup fut porté par la mise en place de nouvelles normes par Charles Louis de Freycinet en 1879. Elles amenaient la longueur des écluses de 30 à 39 m et une largeur de 5.20m. Certaines purent être mise aux normes, mais sur la partie haute en particulier au niveau des "échelles de Sardy" ce n'était pas possible. Les nouvelles péniches mesurant 38.5 m sur 5.05 m étaient d'office écartées du canal !

Le second fut la réduction de la demande en bois de chauffage de Paris qui préférait la houille plus facile à transporter : le flottage à bûches perdues ralentit jusqu'à ne lancer qu'un seul flot et cessa complètement en 1923. Seules quelques "flûtes"15 aux dimensions anciennes transportaient encore "la moulée"5 du Morvan et du Bazois.

Enfin, le chemin de fer prenait de l'importance et déja quand la ligne Clamecy-Cercy-la-tour fut inaugurée sur le même trajet en 1878, la plupart des observateurs conclurent à la disparition imminente du canal.

Pourtant, comme un dernier baroud d'honneur, une usine de distillation du bois transporté par bateaux s'ouvrit en 1894. Elle devint la SPCC (société des produits chimiques de Clamecy) en 1922 et travailla jusque dans les années 1970

Mais il fallait se rendre à l'évidence, en 1966 il ne passait déjà plus qu'un bateau par semaine et en 1974 il y avait une telle carence d'entretien depuis un bonne 20aine d'années que depuis le chemin de halage découvert au travers des ronces, on ne voyait plus l'eau du canal pourtant contigüe. Beaucoup de fuites étaient observées. La canal n'avait plus de raisons d'être. L'Etat remit le cadeau empoisonné au Conseil général de la Nièvre

 

Résurection

La solution vint de Paris, (en un sens un juste retour des choses ... !) et d'un certain Pierre-Paul Zivy, un homme dynamique passionné de tourisme fluvial qui entreprit de sauver ce canal dont il était tombé sous le charme. Il s'engageait à créer des entreprises touristiques, mais il fallait que la voie d'eau redevienne navigable. Pour cela il rencontra le Chef de l'État, le Général de Gaulle pour lui présenter l'intérêt de son projet. Entre de tels hommes le courant passa immédiatement et la décision fut vite prise, le canal revint à l'Etat qui confia sa restauration à VNF25 dont c'était l'une des missions.

Aujourd'hui, le canal du nivernais est considéré comme l'un des plus beaux de France, c'est le premier en terme de nombre de société de louage, le deuxième après le "canal du Midi" concernant la fréquentation touristique (4000 bateaux par an) dont 70% d'étrangers européens, mais aussi australiens et américains

 

Remerciements

Merci à Emile Guillien (Mimile) pour le partage de sa grande connaissance de l'histoire de la région, du milieu des cours d'eau et du flottage. Peu de mots sont disponibles également pour traduire ces instants émouvants d'évocation avec lui de la correspondance et du souvenir de Jean Partiot, un autre passionné du Morvan originaire de Montreuillon !

Enfin à Crux-la-ville, le dynamisme de Charlotte et son sens de l'accueil, la marche en forêt avec Michel, Pedro, et "Vivi" à la découverte de la Vaucreuse et de la rigole d'Aron, en compagnie de ces amoureux de leur région, grands connaisseurs de leur histoire : inoubliable ; encore merci !

 

Michel Partiot Académie du Morvan - mars 2015

Bibliographie

  • Badinter E., Badinter R.,1988, Condorcet - Un intellectuel politique, Ed. Fayard, Paris, 659 p.
  • Becquey E., 1820, Rapport au Roi sur la navigation intérieure de la France, Annales des Mines, 82 p.
  • Bossut C., Rochon A.-M. et (de) Condorcet N., 1786, Rapport sur le Canal que le Gouvernement fait construire en Nivernois pour l'approvisionnement de Paris, Académie des sciences - Paris.
  • Buisson F., 1929, Condorcet, Ed. F. Alcan, Paris, 137 p.
  • Guillien E., 1999, Un canal qui faillit être une impasse !, Ed. Les traines-Bûches du Morvan, 72 p.
  • Guillien E., 1999, L'écoulage de la moulée sur le Beuvron et le Sauzay, Ed. Les traines-Bûches du Morvan, 72 p.
  • Guillien E., 2001, Les propriétaires forestiers morvandiaux ont assuré une partie de l'approvisionnement de Paris en bois de chauffage de 1549 à 1939, Ed. Les traines-Bûches du Morvan, 87 p.
  • (de) Haut P., 2010, Le canal du Nivernais, coll. Mémoires en images, éditions Alan Sutton, 160 p.
  • Quantin M., 1885, Histoire de la rivière d'Yonne, Bull. Soc. Sc. historiques et naturelles de l'Yonne - vol. 39:348-498

Documentation numérique

Notes

  1. Bachots : petites barques à fond plat de 18 x 30 pieds (5 m x 9 m) fabriquées vers Planchez dans le Haut-Morvan. Elles étaient conduites par des "bacheliers". Dans les endroits où les rives de l'Yonne étaient difficiles d'accés, elles étaient utilisées en fin de flot pour "déborder" la rivière et compléter le "toucher-queue" à l'"accroc" réalisé depuis la berge. Si le courant était insuffisant les bûches de bordage étaient au contraire sorties sur les berges pour éviter qu'elle ne deviennent des "canards". A l'arrivée dans les râcles les bachots étaient utilisés pour ramener sur la rive les bûches à la dérive au milieu du plan d'eau.
  2. Bassin versant : aire où se rassemblent les eaux qui se déversent dans un même exutoire (rivière, fleuve, mer).
  3. Bief de partage : partie d'un canal délimitée par 2 écluses (bief) et située au point le plus haut, sur la ligne de partage des eaux. Il doit donc être alimenté artificiellement (digues, rigoles, tunnels, station de relèvement, …). Il permet une circulation d'un bassin versant à l'autre, dans les 2 sens.
  4. Bois canard : (flottage) se disait des bûches qui avaient séjourné trop longtemps dans l'eau. Elles devenaient pesantes, coulaient et s'envasaient. Les "canards" étaient récupérés après le flot et mis à sécher pour être utilisés plus tard
  5. Bois de Moule (moulée) : le bois était coupé à une longueur de 3 pieds et demi (1.14m) ; le diamètre des plus grosses bûches se mesuraient dans un anneau (Moule) de 18 pouces de tour (45.77 cm) et constituaient "la moulée".
  6. Bois-neuf : bois n'ayant pas été "flotté à bûches perdues" mais transporté par bateau
  7. Compagnie des 4 canaux : société crée en 1821 sous Louis XVIII ; il s'agit d'un consortium de banquiers parisiens spécialisé dans la construction de canaux dans le centre et l'Ouest de la France
  8. Crue centennale de 1910 : l'OCDE estime que la même crue aujourd'hui causerait au minimum pour 30 milliards d'Euros de dégats, une bonne partie des activités de la France seraient paralysées, sans compter les répercutions sociales que cela entrainerait !
  9. Crux-le-chatel : les seigneurs de Crux vivaient au chateau de Crux-le-chatel aujourd'hui lieu-dit "Le Berle" commune de Crux-la-ville
  10. (de) Damas : longtemps écrit "Dalmace" ou "Dalmas" descendant des Dalmace Seigneur de Semur grande et très ancienne famille du Brionnais. Le premier Comte François de Damas-Crux épousa en 1648 Louise de Pracomtal dont la famille s'installa quelques années plus tard en Bazois. Louis-Etienne-François, Comte de Damas-Crux épousa en troisième noce en 1775 Sophie-Joséphine-Antoinette de Ligny; Il est probable que Louis-Etienne-François fut celui qui fit creuser en 1780 la rigole alimentant la Vaucreuse depuis l'étang de Ligny (et permettant de flotter les bois de cette forêt)
  11. (Construction en) déblais : pose des problèmes de hauteur critique et de nécessité de "blindage" qui n'a peut être pas été pris en compte sur toute cette longueur, si tant est qu'à l'époque les connaissances théoriques en résistance des matériaux fussent suffisantes.
  12. Étiage : abaissement exceptionel du niveau de l'eau; sinon la période où le niveau de l'eau est habituellement le plus bas correspond aux "basses eaux". L'étiage est aussi parfois définit comme le point le plus bas du niveau de l'eau.
  13. Flottage à bûche perdues : il s'agissait de transporter le bois en le faisant flotter, depuis les ruisseaux proches des chantiers de coupe jusqu'a l'Yonne et la Seine et enfin la capitale. Le bois coupé et marqué était jeté à l'eau bûche par bûche, en vrac et récupéré en aval pour y être assemblé en trains, sorte de radeaux de 75 m de long et de 4 m de large acheminé jusqu'à Paris. Pendant 4 siècles le Morvan alimenta ainsi les parisiens et leur économie en bois !
  14. Flottage des petites rivières : flottage sur le Beuvron, affluent de l'Yonne qu'il rejoint à Clamecy et le Sauzay lui même tributaire du Beuvron mêlant ses eaux avec lui à moins de 3 km du confluent
  15. "Flûte de Bourgogne" : péniche à fond plat, de 30 à 38 m de long sur 5 m de large, arrondie à l'avant et plate à l'arrière, pourvue d'un gouvernail très particulier pouvant être remonté en fonction de la charge. Les "Flûtes" morvandelles ne dépassaient pas 30 m (écluses du canal du nivernais hors normes) et pouvaient contenir seulement 150 tonnes de frêt. Elles furent construites à Clamecy pour le transport du bois (cf. E. Guillien, 1999). Elles étaient halées à bras d'homme et/ou de femme ou par des chevaux
  16. Gauthier (ou gautier) : petit barrage en bois permettant de régler la hauteur d'eau lors du flottage
  17. Icaunais : relatif à l'Yonne - vient du nom celte "Ica Onna", rivière divinisée elle était sensée avoir de grande possibilités marchande et elle était sujette à de grandes colères)
  18. Ligérien : relatif à la Loire
  19. Ligne de partage des eaux : limite entre plusieurs bassins versants
  20. (de) Pracomtal : s'écrit parfois Pracontal ou Précontal - une vieille famille du Dauphiné qui s'installa en Bazois au xviiie siècle - Le premier propriétaire en Bazois Léonor-Armand, marquis de Pracomtal (1698-1780) acheta beaucoup de terres en Nivernais. Sa descendance liée à Châtillon en Bazois : Arnoul (1725-1754) >> Léonor-Claude (1754-1776) >> Léonard-Anne-Gabriel (1773-1838). Colonel de gendarmerie il est élu député de la Nièvre en 1815 >> Edmond-Marie-Gabriel (1804-1875). Tous très proche des rois. La famille restera sur la terre de Châtillon pendant 250 ans
  21. Râcle : zone de mouillage commune à la rivière et au canal
  22. Ruisseau de Mouas : permettait le flottage des bois des forêts de La Collancelle et de Blin jusqu'au au temps de Charles X
  23. Ryolithe : roche magmatique (variété de couleur rouge appelée porphyre dans le cas de Montreuillon) effusives ayant traversé les couches de granite au permien (il y a 300 millions d'années)
  24. Toucher-queue : les premières bûches du flot étaient placées le long des rives parallèlement aux berges pour former une sorte de canal (bordage de la rivière). Ainsi les suivantes circulaient plus facilement. En fin de flot, ce bois était à son tour repoussé au centre de la rivière ; c'etait le "toucher-queue".
  25. VNF : Voies navigables de France est un Etablissement Public à caractère Administratif qui assure le développement du transport fluvial ; il est chargé de l'exploitation, l'entretien et la maintenance du réseau. Il doit également assurer, la gestion des ressources hydrauliques, la préservation de la biodiversité et de la continuité écologique, la conservation du patrimoine, la valorisation du domaine et la promotion du tourisme fluvial.

 

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