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Histoire

L'école de Montreuillon

une vieille dame de plus de 225 ans

L'école de Montreuillon dans l'Histoire de l'éducation nationale


 

 

 

Quelques instituteurs de Montreuillon

Instit Perrier
Mme Perrier en 1905
Instit Noizet
Auguste Noizet en 1930
Instit
Instituteur en 1944
Instit Boulin 72
M. Boulin en 1972
Instit 57
M. Boulin en 1957

 

En cours de mise à jour

La Gestation chaotique de l'instruction publique

 

Sous l'ancien régime

 

Dès le xvie siècle, l'Etat royal confia à l'église catholique (Jésuites, Oratoriens et Frères des écoles chrétiennes) le soin de former les cadres de l'Etat et les enfants de la noblesse : les familles aisées payaient un précepteur et tous les autres restaient analphabètes.

Au xviie siècle, de saints hommes, émus de la grande misère des enfants du peuple fondèrent des ordres enseignants qui prirent en charge gratuitement les orphelins et les enfants abandonnés. C'était un enseignement avant tout religieux qui avait tout de même le mérite de leur donner de quoi manger, des rudiments d'éducation et des bases d'écriture et de calcul. Au xviiie siècle, des congrégations féminines prirent en charge de la même façon les filles pauvres.

En 1698, Louis XIV ordonna aux communautés villageoises d'ouvrir une école dont le maître devait être prêtre catholique et Louis XV renouvela cette instruction en 1724. En fait le Roi Louis XIV qui laissa mourir de faim 1.3 millions de ses sujets en 1694 et encore 600 000 en 1710 n'était pas préoccupé par leur bien-être ! Il s'agissait surtout d'astreindre les protestants à la fréquentation de l'école catholique après la révocation de l'Edit de Nantes !

Cependant, c'était la première fois que l'Etat envisagait de donner de l'instruction à des enfants des régions rurales

Et puis ce fut la révolution ...

La révolution et la Monarchie constitutionelle(1789-1792)

L'Assemblée Constituante

Dès le 13 février 1790, toutes les corporation et congrégations religieuses furent supprimées par décret et les religieux reçurent l'injonction de prêter serment à la révolution.

Ce fut le premier acte de belligérance contre une Eglise toute puissante et l'école publique en subira les conséquences pendant un siècle

C.M. Talleyrand-Périgord1

Talleyrand
Talleyrand-Périgord

Dans son projet de loi sur l'instruction publique de septembre 1791 C.-M de Talleyrand-Périgord posa les bases d'un enseignement gratuit pour tous y compris les filles (écoles et programmes séparés).

D'autre part il n'excluait pas que l'instruction puisse se faire ailleurs qu'à l'école publique,

De même, il précisait : "on y apprendra les premiers éléments de la langue française, soit parlée, soit écrite" (c'était le premier texte où le français fut cité comme langue d'apprentissage).

Il proposait encore, qu'il y ait une école primaire dans chaque municipalité.

Enfin il voulait rendre l'instruction publique indépendante du pouvoir central.

Le texte ne fut pas retenu car ce dernier point ne plaisait pas et par ailleurs le rapport laissait encore trop de place à la religion. Les idées devaient faire leur chemin mais en attendant l'Assemblée décida du statu quo.

L'Assemblée Législative

M.J.A.Nicolas de Caritat Marquis de Condorcet2

Condorcet
N. de Condorcet

Le 14 octobre 1791 un premier Comité d'instruction publique fut rassemblé.

Les "Cinq mémoires sur l'Instruction publique" furent publiés sous la direction de N. de Condorcet suivit l'année suivante (1792) par le remarquable "Rapport sur l'instruction publique".

Ces textes reprirent beaucoup des arguments de Talleyrand. Ils insistaient sur l'indépendance vis à vis du pouvoir central, considéraient déjà une égalité de traitement des garçons et des filles. L'instruction primaire devait être gratuite et universelle. Enfin la religion ne devait relever que de la sphère privée.

Malheureusement son projet de décret présenté en 1792 fut mis à mal par son coût important et par la déclaration de guerre contre l'Autriche.

La Première république (1792-1804)

La Convention nationale (septembre 1792 - octobre 1795)

 

Les protagonistes de l'an I ne fut guère plus décisionnaires. Un nouveau Comité d'instruction publique fut constitué. Le 28 Frimaire an I (12 décembre 1792), Marie-Joseph de Chénier3 lut les proposition de François Xavier Lanthénas qui reprenait les idées de Talleyrand et Condorcet. Les discussions furent stériles et le projet fut balayé par Marat (encart)

Lakanal
J. Lakanal

Une seule décision, fut prise et ne fut plus remise en question : les enseignants des écoles primaires s'appellèrent désormais des "Instituteurs".

Le 21 Janvier 1793, le Roi fut décapité et les débats ajournés.

1794 vit rédiger une profusion de textes législatifs sur le sujet : Le décret du 8 pluviose an II (27 janvier 1794) imposait l'instruction en langue française, le 30 vendémiaire an II (21 octobre 1794) un autre organisait et la distribution des premières écoles dans les communes et le 27 brumaire an III (17 novembre 1794) Joseph Lakanal fit adopter une loi rendant l'instruction gratuite, la République assurant un traitement et un logement aux instituteurs et autorisant la création d'écoles privées.

Mais le bilan en 1795 fut désastreux : aucun des décrets de 1794 ne fut appliqué. Pire encore, le 3 brumaire an IV (25 octobre 1795), une nouvelle loi élaborée par Pierre Daunou acheva de détruire l'édifice : l'instruction n'était plus gratuite, les instituteurs devaient être salariés par les élèves et le programme scolaire devint indigent. Depuis le début de l'aventure la seule loi qui fut appliquée était la plus mauvaise !

Pendant ce temps les écoles libres religieuses étaient florissantes.

Le Directoire (octobre 1795 - novembre 1799)

Les lois des 25 et 26 fructidor an V (11 et 12 septembre 1797) fit un pas vers l'Église : arrêt de la vente des presbytères, des bâtiments attenant et des locaux servant à l'enseignement religieux, comme biens nationaux, mais les lois n'étaient pas appliquées sans le support de fortes personnalités. Le mal était fait et la rupture profonde !

Dans les campagnes, les religieux étaient mieux intégrés et avaient une plus grande expérience de l'école et du milieu rural que les agents de l'Etat. Ils créaient des écoles privées avec leur propre programme. L'Etat républicain prit décret sur décret pour les contrôler, mais elles avaient le soutien de la population et les textes restèrent lettre-mortes.

A défaut de décisions structurantes, les quelques initiatives prises dans les communes tournaient court et l'école publique s'effondrait.

Le Consulat (novembre 1799 - mai 1804)

 

Le consulat joua l'apaisement et le réalisme. Antoine-François Fourcroy proposa d'appliquer la loi de fructidor an V et de rendre les presbytères aux prêtres s'ils apprenaient à lire et à écrire aux enfants des paysans et il commentait : "Ils leur apprendront en même temps la religion catholique,[...], mais c'est un mal inévitable (sic)".

Jean-Antoine Chaptal, Comte de Chanteloup

Chaptal
Jean-Antoine Chaptal

En brumaire an IX (novembre 1800), il constatait : "jamais plus de Lumières [...] n'ont été appliquées à l'enseignement; cependant l'éducation publique est presque nulle de partout".

Il proposa un projet de loi reprenant les idées de Lakanal et de ses illustres prédécesseurs en insistant sur un point important : la création d'écoles se ferait à la demandes des Conseils municipaux, Les municipalités et les arrondissements paieraient les instituteurs et leur fourniraient un logement.

Devenu Ministre, il recomanda d'attribuer officiellement le secrétariat de la mairie aux maîtres d'école pour leur apporter un complément de revenus.

Le 11 Floreal an X (1er mai 1802), Bonaparte trancha  les instituteurs seraient choisis par les Maires et les conseils municipaux, les communes fourniraient le logement et les parents paieraient une rétribution définie par les mairies. Ceux qui ne le pourraient pas en seraient exemptés. Les écoles seraient placées sous la direction des préfets qui délivreraient les autorisations, les sanctions et pourraient fermer les écoles. En fait, comme ils n'étaient pas mis à contribution financière, ils se contentèrent de valider les décisions des communes.

Le Concordat ramena les prêtres dans les églises et les congrégations féminines reprirent une place dans l'enseignement populaire.

 

Le premier Empire (mai 1804 - avril 1814)

 

L'empire et l'école

 

L'instituteur étant très peu payé, les candidats ne se bousculaient pas. Napoléon rappela alors les Frères des écoles chrétiennes, ce qui ne satisfit ni l'Eglise, ni l'Etat.

Il créa alors l'Université et le 17 mars 1808 définit par décret son organisation.

Le premier article lui confiait l'enseignement public. Elle contrôlait les instituteurs, les programmes et particulièrement la formation des maîtres,

l'article 109 reconnut la congrégation et le rôle des "Frères des écoles chrétiennes" dans l'éducation.

Simultanément, l'influence de l'Eglise grandit.

Cependant, les communes ne voulaient plus subventionner l'école publique qu'elles ne contrôlaient plus, les instituteurs s'apauvrissaient et la situation recommençait à se dégrader.

La Restauration (1814-1830)

Louis XVIII ( 6 avril 1814 - mars 1815 )

Cette période fut marquée par un flottement dans l'exercice du pouvoir. Le Roi n'avait aucune expérience de la monarchie constitutionelle, les nobles voulaient un retour de leurs privilèges, le peuple et l'armée étaient sur leurs gardes pour ne pas perdre les acquis de la république.

Dans le domaine de l'enseignement, ce fut le retour du religieux radical : les "ultras" voulaient détruire l'Université qui venait d'être crée et remettre toute l'éducation à l'Eglise !

Les Cent jours (20 mars -8 juillet 1815)

 

Lazare Nicolas Marguerite Carnot

L.Carnot
L. Carnot

Le 27 avril 1814, Lazare Carnot dressa à Napoleon un tableau désastreux de la situation.

Il voulut restaurer les idées des Condorcet et Lakanal qui furent délaissées par l'Empire et proposa l'introduction en France de l'école mutuelle née en France (encart) mais en vogue en Angleterre. Il créa pour la développer la "Société pour l'instruction élémentaire" avec l'aide de J.B. Say, de Gérando, Cuvier et Hachette.

Napoléon regrettait tardivement de n'avoir rien fait pour les "écoles du peuple" Le 27 avril 1815 il signa un décret sur "l'importance de l'éducation primaire pour l'amélioration du sort de la société". Mais il était trop tard : quand Carnot réunit la commission chargée de réorganiser l'enseignement élémentaire, le canon grondait déjà à Waterloo.

La défaite et la seconde restauration entraînèrent l'exil de L. Carnot mais son oeuvre demeura et sa Société fut reconnue d'utilité publique en 1831.

Le retour de Louis XVIII (juillet 1815 - septembre 1824)

 

En conflit avec sa "Chambre introuvable"4, contre-révolutionnaire extrêmiste qu'il finit par dissoudre, Louis XVIII dut imposer ses idées contre son propre camp !

Le 29 février 1816 fut signée par ordonnance du Roi la première Charte de l'école primaire :

  • Les arbitres du système étaient à la fois le Maire et le Curé.
  • Les congrégations religieuses étaient réhabilitées car elles seules peuvent fournir rapidement des institeurs aux communes.

Cependant l'enseignement des filles était oculté, de même que la formation des Maîtres et le financement de l'école !

L'Université conservait le monopole de l'enseignement. Elle continuait d'autoriser, de révoquer et de contrôler les instituteurs

En 1820 il existait 1500 écoles mutuelles et le nombre des écoles de frères fut multiplié par 4. La lutte entre les "ultras" et les "libéraux"5 incita beaucoup de communes à créer une école.

Mais les "ultra" et l'Eglise allèrent trop loin : le Conseil Royal de l'instruction publique qui remplaçait la commission prit le pouvoir à l'Université, de nombreux prêtres furent introduits dans les différents organes et bientôt il fut demandé que le Chef Suprême fût un prêtre. Effectivement, le 1er juin 1822 Mgr Denis Antoine Luc Frayssinous occupa ce poste et la présidence du Conseil royal.

L'ordonance du 8 avril 1824 remit l'enseignement primaire au clergé, les écoles primaires furent placées sous l'autorité directe des évêques. On ne parlait plus de l'école des filles.

Le 26 août 1824 Mgr Freyssinous cumula ses fonctions avec celle de Ministre d'Etat. Cet évêque, en montrant que l'Université était capable de s'adapter à la monarchie parvint en fait habilement à la sauver des "ultras" qui souhaitaient sa complète disparition.

Simultanément l'enseignement mutuel fut qualifié "d'école du Diable". Condamnée par le pape et privée de subventions elle disparut au profit des écoles congrégationistes qui étaient gratuites et acceptaient les filles.

Charles X (1824 - 1830)

Le 10 février 1828, l'instruction publique fut séparée du ministère des affaires ecclesiastiques. Elle fut dirigée par un ministre Grand-maître de l'Université.

Antoine François Henri Lefebvre de Vatimesnil

C'était un homme habile qui parvint sous une monarchie à retirer l'école de l'autorité des évêque pour la rendre aux recteurs. Les écoles de garçons et de filles furent soumises aux même règles. Il recommanda aux recteurs de créer de nouvelles écoles normales.

Le Comte Martial Côme Perpétue Magloire de Guernon-Ranville

Guernon-Ranville
Guernon-Ranville

Il fut nommé ministre Le 8 août 1828.

Au grand dam des "ultras" et du Cabinet Polignac, il poursuivit la politique modérée de son prédécesseur qui avait pris la mesure de l'état lamentable de l'enseignement public dans les campagnes.

En particulier il parvint à faire signer au Roi l'ordonnance du 14 février 1830 concernant le recrutement des maîtres, leur vie matérielle et leur formation. Des dispositions qui seront reprises par F. Guizot et plus tard par le troisième république.

Cependant, la situation politique était explosive, la fatuité et la stupide intrangisance de Charles X, du Prince de Polignac et du "traître Marmont"6, attisèrent les colères. La publication des "ordonances de St-Cloud" furent l'étincelle à l'origine des "3 glorieuses" qui portèrent une monarchie constitutionnelle au pouvoir.

 

La Monarchie de juillet (1830-1848)

 

Nouveau retour de balancier, les subventions accordées aux écoles religieuses furent supprimées. Les catholiques demandèrent la liberté d'enseignement.

Le Ministre Félix Barthe déposa un projet de loi sur l'enseignement primaire qui fut retiré un mois plus tard.

Casimir Perrier fortifia le contrôle par l'Université. L'école mutuelle fut remise au goût du jour.

Devant le désordre qui s'installait, Victor Cousin incita l'administration à adopter une attitude conciliante vis à vis des congrégations.

Une commission fut crée pour définir les livres à utiliser. La gratuité fut réclamée.

Le Ministre Camille Bachasson Comte de Montalivet présenta un projet proposant la liberté de l'enseignement et consacra le pouvoir de l'Université. Dès le départ du Ministre le projet fut ajourné.

François Pierre Guillaume Guizot

Guizot
F.Guizot

 

En 1832 F.Guizot, un protestant rigoureux et austère, doté d'une grande puissance de travail, devint Ministre de l'Instruction publique.

Il proposa la loi du 28 juin 1833 qui était une étape importante et un bon compromis :

 

  • l'instruction primaire était rassemblée dans un grand corps intégré à l'Université, elle pouvait être privée ou publique,
  • chaque commune était tenue d'entretenir au moins une école primaire élémentaire et tout Département une école normale primaire
  • l'instituteur devait disposer d'un logement, d'un local pour recevoir les élèves, d'un traitement fixe, d'une rétribution mensuelle par le Conseil municipal
  • les éléves qui ne pouvaient pas payer seraient admis gratuitement
  • Le Conseil municipal proposait la candidature de l'instituteur public avec avis du comité local (présidé par le Maire) et du Comité d'arrondissement (présidé par le Préfet)
  • Malgré les conviction personnelles de Guizot, rien n'était prévu pour les filles !

Les écoles publiques étaient donc financées tout ou en partie par les communes, les départements ou l'Etat et elles peuvaient être laïques ou congrégationistes.

Les écoles privées reçevaient un financement uniquement privé et elles pouvaient être laïques ou congrégationistes

En 1836, il créa un corps d'inspecteurs primaires pour appuyer l'action des Maîtres

F. Guizot, écrivain et excellent orateur occupa de facto le poste de chef du gouvernement pendant 7 ans avant d'être officiellement nommé en 1847. S'il fut un bon ministre de l'éducation, cet homme, intègre et travailleur, mais triste et sans panache, resta très impopulaire.

Le 23 au 25 février 1848 une nouvelle révolution mit fin au régime apathique de Louis-Philippe et une nouvelle république fut proclamée par Lamartine.

 

La seconde république (1848-1852)

L'assemblée constituante (avril 1848-mai 1849)

Hyppolyte Carnot

H.Carnot
H. Carnot

Lazarre Hyppolyte Carnot était le fils cadet de Lazare Carnot.
Saint-simonien7, il était très attentif au sort des instituteurs.

Lors des élections du 23 avril 1848, pour élire l'assemblée, il les invita à "lutter contre l'ignorance et le mensonge" dans les campagnes.

Les 35 000 instituteurs de France ne devaient pas être seulement des éducateurs mais de véritables "guides" (au service du pouvoir en place ?). Des ouvrages comme "Le cathéchisme républicain" (Ducoux) ou "Le Manuel de l'instituteur pour les élections" (Heuri Martin) et "Le manuel républicain de l'homme et du citoyen" (C. Renouvier)8 furent édités.

Celà entraîna dans le monde rural une unanimité contre eux : ils n'eurent aucun élu !

H. Carnot remplaça les "salles d'asile" des religieuses par des écoles maternelles et créa des "écoles maternelles normales". Il souhaitait un enseignement agricole dans les écoles primaires et souhaitait que les institutrices des écoles religieuses obtiennent un brevet de capacité.

En juillet 1848, il démissionna et fut remplaçé par Alfred-Pierre de Falloux. Louis Napoléon Bonaparte devint le premier Président de la République française

L'assemblée constituante cèda la place à l'assemblée législative en ayant rien voté sur l'éducation primaire !

L'assemblée législative (mai 1849-décembre 1851)

Les instituteurs socialistes se mobilisèrent à nouveau. Leur activisme créa des désordres qui fit l'unanimité contre eux, même parmi les républicains modérés (comme Lamartine).

Les résultat furent logique : l'assemblée se composa d'une écrasante majorité de monarchistes et les instituteurs considérés comme apôtres du socialisme à l'origine des désordres furent menacés de sanctions s'ils se mêlaient de politique.

 

Le Comte Frédéric-Alfred-Pierre de Falloux du Coudray

de Falloux
F.A.P. de Falloux

 

L'enseignement libre fut remis au goût du jour.

Les Conseils municipaux pouvaient faire tenir l'école par des religieux ou des laïcs et les instituteurs furent placés sous l'autorité du Conseil municipal et du curé.

Il leur fut rappelé que leur rôle était éducatif et 1163 d'entre eux furent suspendus ou révoqués pour avoir fait du prosélitisme politique.

Il fut exigé des communes de plus de 800 habitants d'ouvrir une école de filles.

Enfin, les écoles congrégationistes pouvaient tenir lieu d'école publique (ce qui permettait d'alléger les charges communales).

Les lois "de Falloux" furent votées le 15 mars 1850

 

Le second empire (1852-1870)

 

Le nouveau ministre, Hippolyte Nicolas Honoré Fortoul était un socialiste autoritaire brutal et dogmatique dont le seul objectif était d'afaiblir l'église.

Ce faisant il sacrifia l'intérêt scolaire à l'intérêt politique sans aucun résultat pour l'enseignement primaire. Il décéda brutalement en 1856

 

Gustave Rouland

G.Rouland
Gustave Rouland

Sa première décision fut d'améliorer le sort des instituteurs.

En 1857 il publia une Directive pédagogique visant à remplacer le "par coeur" par la compréhension des textes.

Enfin, il redigea un projet de loi qui visait à créer une école de filles dans chaque commune de 500 habitants et une école normale dans chaque académie. Malheureusement ce fut encore une bonne intention qui n'aboutit pas.

Pourtant en 1861, le même homme refusa de signer le diplôme du Baccalauréat de Victoire Daubié, la première femme à se présenter à cette épreuve ("cela ridiculiserait le ministère de l'instruction publique …!!(sic)").

 

Victor Jean Duruy

V.Duruy
Victor Duruy

En 1863 cet universitaire libéral devint ministre de l'instruction publique.

Il reprit à son tour en 1865, l'idée ancienne de rendre l'enseignement primaire gratuit et obligatoire mais échoua lui aussi : il fallait bien que quelqu'un paye et les commune ne le voulaient ou ne le pouvaient pas.

Par contre il fit voter en 1867 les "lois Duruy" qui alignaient enfin les conditions de création d'une école de filles dans les communes sur celle des garçons (500 habitants).

 

La 3e république (1870-1940)

 

(1870-1914)

Paul Bert

P.Bert
Paul Bert

Il naquit à Auxerre dans une famille aisée originaire de Bouhy dans la Nièvre, il fut un scientifique renommé. Libre penseur et anticlérical sa devise aurait été "ni Dieu ni maitre11, à bas la calotte et vive la sociale"12 (un curieux amalgame entre les slogans anarchistes et socialistes !). Il fut Ministre de l'instruction publique pendant 3 mois en 1881-1882.

En 1879, alors Président de Commission il déposa un projet de refonte complète de l'enseignement primaire s'appuyant sur les principes de l'obligation d'instruction, de gratuité et de laïcité. Il transfèrait l'autorité des préfets à des Directeurs départementaux de l'enseignement primaire et augmentait les traitements des instituteurs. Enfin il proposait la création d'une école normale de filles dans chaque département

Jules Ferry alors Ministre et politique averti, craignait qu'un tel bouleversement n'aboutisse à un échec et préfèra traiter les sujets séparément

Jules François Camille Ferry

J.Ferry
Jules Ferry

Jules Ferry était un fervent républicain athée, anti-catholique et franc-maçon issu d'une riche famille de libres penseurs de Saint-Dié (Vosges). Entre 1879 et 1885, il fut sans cesse au pouvoir, soit comme Ministre, soit comme Président de Conseil

En 1879 il fit voter la loi proposée par Paul Bert sur le principe de l'égalité garçon-filles et la création d'une école normale de filles dans chaque département.

Le 20 janvier 1880, l'enseignement de la gymnastique devint obligatoire pour les garçons : il s'agissait surtout de former les futurs soldats; à Paris, la revanche contre l'Allemagne était dans tous les esprits !

Le 29 mars 1880, il publia deux décrets ordonnant aux jésuites de quitter l'enseignement dans les 3 mois. Dans la capitale, la police, les arrêta et les expulsa, dans le plus grand tumulte. La mesure fut étendue à toutes les congrégations. En province, la troupe fut mobilisée contre les couvents dans des situations parfois ubuesques (cf. l'assaut de l'abbaye St-Michel de Frigolet)13 14

Enfin les lois J. Ferry de 1881 et 1882 rendirent l'école laïque gratuite et l'instruction obligatoire pour tous les enfants de 6 à 11 ans pour ceux qui obtenaient le Certificat d'étude et 13 ans pour les autres.

Cette loi créait une obligation d'instruction et non de scolarisation ce qui légalement autorisait la création et le développement de l'école libre, non assujettie à l'État (NB - à noter que la séparation entre école laïque et l'enseignement religieux existait depuis 1806 en Hollande et ces principe étaient déja adoptés par l'Autriche, la Suisse; la Belgique et l'Italie).

Pourtant en octobre 1886, la loi sur la laïcité proposée par Paul Bert, présentée par J. Ferry et défendue par René Goblet engageait le processus de disparition du personnel religieux des écoles communales.

Il fut parachevé par la loi Emile Combes de 1904 qui interdisait l'enseignement à toute congrégation (NB - ce texte qui se traduit par une ségrégation fondée sur la religion est aujourd'hui contraire à la Constitution et serait condamné par la Cour Européenne des Droits de l'Homme15. Et pourtant il est encore repris en 2018 par le Code de l'éducation). Cette décision entraîna l'expulsion hors de France de près de 60 000 religieux (de nationalité française ...!) qui quittèrent leur pays et fondèrent des établissements d'enseignement à l'étranger.

J. Ferry a donc réussi là où ses prédécesseurs avaient échoué : neutraliser le développement de l'école libre et placer l'école publique sous la tutelle de l'Etat, au service de l'idéologie républicaine.

Enfin, la loi de séparation de l'Église et de l'État de 190516 fut l'aboutissement de l'acharnement anticlérical qui caractérisa le début de la IIIe république. L'école était affranchie de la religion catholique, après plus d'un siècle d'atermoiements. Quel que soient les "dégats collatéraux", Jules Ferry et ses contemporains eurent le mérite de les faire cesser et de définir des bases stables sur lesquelles purent s'appuyer les discussions ultérieures.

Cependant ces lois furent appliquées avec une grande brutalité qui se traduisit par un profond clivage au sein de la société française qui ne partageait pas les idées des intellectuels parisiens. Seuls le conflit de 1914-18 et les difficultés d'après-guerre purent en partie apaiser les querelles.

Les hommes de la IIIe république, aveuglés par leur anticléricalisme n'ont pas extrapolé toutes les conséquences de leurs décisions. En effet l'école restait inféodée au pouvoir politique qui, à la fois, gérait les enseignants, définissait les programmes et élaborait leur contenu.

Si la une situation semblait confortable pour eux dans l'immédiat, elle laissait l'institution exposée, comme l'Histoire l'a montré, à l'influence de diverses idéologies politiques (régime de Vichy en 1940, trotskisme des années 1960-70, …), voire celle d'une nouvelle religion (islam, ...). Le fait que la question religieuse se pose à nouveau aujourd'hui démontre le caractère non universel de la fameuse loi de 1905.

La définition de la laïcité selon N. Condorcet était donc plus robuste que celle de J. Ferry, mais l'objectif réel étant avant tout de casser la toute puissance de l'Eglise catholique ce dernier y réussit parfaitement !

 

La guerre de 1914-1918

Tous n'étaient pas dupes et ne partaient pas "la fleur au fusil" comme les livres d'Histoire de la république l'inculquèrent à des générations d'écoliers. Mais la propagande guerrière battait son plein : la guerre serait courte, la victoire à portée de main et la revanche complète avec la récupération de l'Alsace et de la Lorraine !

L'éducation nationale insistait particulièrement sur le rôle "fondamental" des institeurs comme l'expose cette carte postale de l'époque :

"A nos Instituteurs - A nos maîtres, qui par milliers, nous ont donné l’Exemple suprême en tombant au Champ d’Honneur pour la Victoire du Droit et de la Civilisation."

Et encore ce pauvre Jean Corentin Carré, jeune adolescent engagé volontaire à 15 ans et bien sûr mort au combat, à qui l'on a fait dire :

"Je ne pourrais pas vivre sous le joug de l’ennemi ; c’est pourquoi je suis soldat. Eh bien, ce sentiment de l’honneur, c’est à l’école que je l’ai appris, et c’est vous, mon cher maître, un de ceux qui me l’ont enseigné ! Je souhaite que tous les petits écoliers comprennent les leçons qui leur sont données de la même manière que je les ai comprises. La vie en elle-même n’est rien si elle n’est bien remplie.". Admirable de la part de l'adolescent, mais l'instituteur son maître, adulte responsable, dut s'en souvenir toute sa vie !

Enfin que penser de cette propagande angélique sur les instituteurs en uniforme napoléonien et pantalon garance, faisant la classe en français aux petits alsaciens17. Alors que l'Alsace était allemande, la langue française interdite depuis 40 ans et même le souabe alsacien avait des origines germaniques : combien d'élèves comprenaient ils le français ?

Les instituteurs et les religieux ont été mobilisés comme les autres français. Certains prêtres ont été incorporés comme infirmiers dans les services de santé car les blessés, chrétiens et socialistes les réclamaient souvent à l'instant de l'inéluctable, celui de leur mort ! Les autres, indistinctement étaient dans les tranchées. Il fut estimé à 23 418 prêtres, 9281 religieux, 14 797 religieuses les membres du clergé qui ont pris part à la guerre d'une manière ou d'une autre et à plusieurs milliers le nombre de morts dans leurs rangs (P. Zago, 1925).

Tout a été dit, par les "planqués" de l'arrière et il est difficile de savoir si les instituteurs "mouraient pour la victoire du Droit et de la Civilisation" ou si les paysans mis en premières lignes "se battaient mieux que d'autres car habitués à défendre leur Terre" ou si les ouvriers "étaient ramenés à l'arrière par la SFIO pour préserver des électeurs de l'après-guerre" : tous ces jeunes gens ne se posaient pas ces questions ! Ils se battaient ensemble pour chasser les allemands de leur pays, pour que la mort de leurs camarades n'ait pas été vaine et tous espéraient en finir et rentrer dans leur famille au plus vite !

Les monuments aux morts des villages montrent bien que tous ont donné leur quota de misère à la Camarde. Et très rapidement ceux du front ont compris que la mitraille et l'Ypérite allemande ne faisait pas de distinction entre les tenants de l'école laïque et ceux de l'école libre !

L'entre-deux-guerre

La France pansait ses plaies. Dans les campagnes, beaucoup d'hommes étaient morts, parfois aussi l'instituteur lui-même et il fallut avant tout reconstruire l'école primaire.

Dans les années 1923, des congrégations ont ouvert discrètement des écoles libres, mais plus personne ne voulait de la guerre scolaire. La séparation de l'église et de l'Etat était acquise et les écoles religieuses étaient tolérées.

En 1936, le Front populaire arriva au pouvoir et Léon Blum nomma Jean Zay, un jeune avocat du parti radical, Ministre de l'éducation et des Beaux-arts.

Jean Zay18

Jean Zay
Jean Zay

Il porta la scolarité obligatoire à 14 ans, réorganisa l'articulation entre primaire et secondaire qu'il remplaça par le premier et le second degré et créa le "livret scolaire".

Cependant la mise en place "d'activités périscolaires dirigées" fut un fiasco qui le fit appeler "le ministre de la récréation nationale".

Il s'attaqua également aux disciplines gréco-latines jugées élitistes mais ne fut pas suivi par la commission parlementaire qui enterra sa réforme.

Par contre, il fit voter avec succés la création de 1000 postes d'enseignants et l'augmentation du nombre et du montants des bourses scolaires.

Enfin, il renforça les mesures de laïcité dans les écoles publiques.

 

En 1940, il fut emprisonné à Riom (Auvergne) comme "officier ayant déserté devant l'ennemi" par le gouvernement de Vichy.

Il bénéficiait d'un droit de visite quotidien de ses proches et de facilités pour écrire, aussi il ne chercha pas à s'évader comme l'avait fait P. Mendès-France et resta enfermé pendant toute la guerre.

Mal lui en prit car la Milice, soucieuse de "nettoyer" les prisons des témoins génants au départ des allemands, l'assassina le 20 juin 1944, 15 jours après le débarquement. Il fut retrouvé sous des éboulis, à Cusset dans l'Allier, le 22 septembre 1946, avec deux autres compagnons d'infortune.

 

L'Etat français (1940-1944)

Philippe Pétain et la collaboration avec l'ennemi

Les acquis de la IIIe république furent remis en question. L'antisémitisme devint la règle. Un incroyable culte de la personalité fut mis en place en faveur du vieux Maréchal infatué de lui-même.

Le Ministre Jacques Chevalier décida que l'école publique devrait enseigner "les devoirs envers Dieu". Heureusement son successeur Jerôme Carcopino, peu enclin à ranimer la guerre scolaire remplaça l'expression par "Les valeurs spirituelles, la patrie et la civilisation chrétienne". L'instruction religieuse serait facultative et enseignée en dehors des édifices scolaire.

Les livres scolaires furent censurés et les programmes adaptés à la nouvelle politique.

Enfin l'enseignement congrégationistes fut à nouveau officiellement autorisé.

Les instituteurs se comportèrent comme les autres français : certains étaient favorables à la collaboration avec l'occupant, d'autres sont partis à Londres ou au maquis. Certains écoutèrent le Maréchal et partirent au Service du Travail Obligatoire en Allemagne (STO), d'autres préférèrent la Résistance et la lutte clandestine.

 

Le gouvernement provisoire - GPRF (1944-1946)

Charles de Gaulle

Après avoir lancé son fameux appel du 18 juin 1940, le général de Gaulle symbolisait la France libre et combattante.

En septembre 1941 il conçut à Londres avec Jean Moulin, le Conseil National de la Résistance (CNR)19. Le projet fut mis en place et animé, en France occupée, par J. Moulin en 1943. L'une de ses premières actions fut de rassembler les mouvements de résistance sous les ordres du général de Gaulle et de le faire reconnaître comme "mandataire des intérêts de la nation". Une élément capital qui légitima en 1944 la création du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF).

Avec l'objectif d'assurer la souveraineté de la France et le respect de la république, le Général de Gaulle créa le GPRF le 3 juin 1944 et l'imposa aux alliés anglo-saxons qui voulaient appliquer l'AMGOT (Allied Military Government of the Occupated Territories) à la France.

Le 6 juin 1944 ce fut le débarquement. En août 1944, Paris fut libéré et le Gouvernement provisoire s'installa immédiatement dans la capitale.

Le 9 septembre une nouvelle composition du GPRF fut annoncée comprenant entre autres J.Jeanneney, G. Bidault, P. Mendes-France.

En deux ans, grâce au travail préparatoire du CNR, le GPRF, accorda le droit de vote aux femmes, nationalisa les charbonnages, les transports, plusieurs banques et Renault. Il créa la Sécurité sociale et augmenta les allocations familiales.

Enfin il travailla à l'élaboration de la nouvelle Constitution, à l'organisation d'un référendum et l'élection d'une assemblée constituante.

Concernant l'Education nationale, toutes les mesures prises par le gouvernement de Vichy furent annulées. Aucun mouvement de personnel ne fut effectué avant le retour des instituteurs prisonniers et les programmes scolaires de 1939 furent remis en vigueur.

Le général de Gaulle démissionna en janvier 1946, ne voulant pas participer à un gouvernement contrôlé par les partis et qu'il prédisait inefficace.

 

La 4e république (1946-1958)

Le plan Langevin-Wallon

Une commission fut crée à l'initiative du Ministre du GPRF, René Capitant" avec misson d'élaborer un projet de réforme global de l'enseignement et du système éducutif. Deux Présidents de valeur, d'obédiance communiste, se succédèrent Paul Langevin et Henri Wallon.

Cependant les travaux durèrent trop longtemps (31 mois) et les conditions politiques avaient changé. L'immobilisme qui caractérisa la IVe république fit que le plan ne fut jamais exécuté.

André Désiré Paul Marie

A.Marie
André Marie

Pour la première fois, l'enseignement privé obtint des subventions et les enfants des écoles privées purent bénéficier des bourses de l'Etat.

Cette fois ce sont les associations laïques qui protestèrent mais les lois furent quand même adoptées et surtout appliquées

 

 

La 5e république (1958-...)

La gestion du "baby-boom"

Le nombre d'enfants scolarisés dans le primaire était de plus en plus important et pour pallier la carence en instituteurs, beaucoup de bacheliers furent recrutés comme "suppléants" : ils apprennaient leur métier devant leurs élèves ! Par ailleurs, les instituteurs étaient de plus en plus des institutrices.

Yves,Jean, Marie, Pierre Berthoin

Jean Berthoin
Jean Berthoin

Jean Berthoin fut Ministre de l'Education nationale sous la IVe république (cabinet Mendes-France en 1954, cabinet Edgard Faure en 1955, cabinet de Gaulle en juin 1958) et sous la Ve république (cabinet Michel Debré en 1959)

Les "Cours complémentaires" devenaient des Collèges d'enseignement général (CEG). Les instituteurs devaient passer un examen (CAPCEG) pour enseigner dans les CEG (éclatement du corps des instituteurs)

L'obligation d'instruction passa de 14 à 16 ans

Michel Debré

Michel Debré
Michel Debré

En décembre 1959, Michel Debré assurait alors l'interim du Ministère de l'Education nationale.

Il fit voter une loi proposant des contrats d'association aux écoles privées.

Elles pouvaient être subventionnées et les enseignants payés par l'Etat sous réserve du contrôle par celui-ci et d'un respect des programmes. Elles gardaient cependant une liberté pédagogique.

 

En 1963, Christian Fouchet ramena l'école primaire aux seules classes élémentaires : cours préparatoire, élémentaire et moyen. L'ensemble durant 5 années au total

En 1969 Edgar Faure enterra la blouse, les notes et les classements.

Les enseignants des CEG devinrent des "professeurs d'enseignement général des collèges" (PEGC) et sortirent du corps des instituteurs.

Olivier Guichard

Olivier Guichard
Olivier Guichard

Il fut Ministre de juin 1969 à juillet 1972. Il procèda à la gémination des écoles (fusion des écoles de filles et de garçons). Une aventure qui rencontrait l'hostilité des religieux et des laïques depuis le xixe siècle (Y.Verneuil, 2014). Il essaya aussi d'instaurer le "tiers-temps pédagogique"20 mais se heurta à la réticence des instituteurs.

En 1970, l'introduction des mathématiques modernes rencontra un succés très mitigé. Enfin en 1972 ce fut la réforme du francais (oral revalorisé, communication)

En 1975 René Haby créa le "collège unique" en fusionnant les CEG et les CES

Alain Savary

Alain Savary
 Alain Savary

En 1984 Alain Savary présenta un projet de loi visant à créer un "grand service public unifié et laïque de l'éducation nationale" (le grand Spulen) qui faisait partie des propositions du candidat Mitterand à l'élection présidentielle.

Il s'agissait donc de fusionner l'enseignement public et privé au sein d'un service d'Etat.

La loi fut adoptée le 24 juin 1984 et la réaction des tenants de l'école libre fut considérable : entre 1 et 2 millions de personnes descendirent dans la rue !

Le président F.Mitterand retira la loi, le ministre Savary et le premier ministre P.Mauroy qui apprirent la décision par la télévision démissionèrent.

Il est à parier que peu de personnages politiques se risqueront dorénavent à ranimer sans précautions la guerre scolaire !

Le premier ministre Laurent Fabius lanca le plan "informatique pour tous" en janvier 1985.

Le matériel n'était pas adapté et les enseignants pas formés à cette nouvelle technologie. Ce fut un échec !

Jean-Pierre Chevènement

JP.Chevenement
Jean-Pierre Chevènement

Fils d'un couple d'instituteur il connaissait bien ce milieu. En 1985 il recentra l'école sur les apprentissages fondamentaux : lire, écrire, compter. La formation des instituteurs fut portée à Bac + 4 (DEUG et écoles normales).

Interrogé après les émeutes provoquées par la loi Savary, J.−P. Chevènement déclarait :"Il est évident que les établissements publics sont très vigilants pour éviter que Ste-Marie ou St-Joseph ne drainent le flux des meilleurs élèves...".

Pensait il aux écoles jesuites21 qu'avaient fréquentées beaucoup de cadres de son parti ?.

Lionel Jospin

L.Jospin
Lionel Jospin

En 1989 Lionel Jospin créa par la loi du 10 juillet les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) les instituteurs qui en étaient issus devenaient "professeurs des écoles".

Un "Conseil national des programmes" fut chargé d'emettre des avis sur les programmes

Il définit un objectif : l'ensemble d'une classe d'âge devait atteindre au minimum un CAP ou un BEP et 80% devaient avoir le niveau du Baccalaureat !

 

L'une des dernières réactions de l'école laïque contre l'enseignement religieux eut lieu en 1994 quand François Bayrou voulut supprimer les dispositions limitatives de la loi Falloux et accroître ainsi les aides à l'enseignement privé. Il dut retirer son projet.

Cependant les lois Debré ne furent pas remises en question.

 

 

Discussion et conclusions

A la fin du xxe siècle la sécularisation de la société a apaisé les querelles avec la religion catholique.

Aujourd'hui, la plupart des parents qui ont recours à l'école libre, le font plus souvent pour contourner ce qu'ils estiment être des carences ou des obligations idéologiques de l'école publique (carte scolaire, options déclarées élitistes, réussite aux examens, grèves, etc.), que pour des questions religieuses.

D'autant plus que les écoles catholiques acceptent des élèves de toutes les religions, voire des athées.

La question de la laïcité est maintenant posée par l'islam, mais c'est un autre débat !

Cette évocation historique s'arrête volontairement à l'aube du xxie siècle : le temps doit faire son oeuvre sur l'Histoire pour qu'elle puisse être étudiée sereinement. A suivre donc ...!

Cependant, à Montreuillon, le temps ne s'arrête pas ! De nouvelles méthodes sont mise en oeuvre pour ouvrir le regard des enfants sur le monde : visite des cuisines du restaurant de l'Aqueduc, découverte de Paris (jardin des plantes, galeries de paléontologie, Tour Eiffel, bateau sur la Seine, ...) autant d'opportunités qui sont reprises en classe. Aujourd'hui un projet d'école numérique est dans les cartons ... l'aventure continue !

Michel Partiot Académie du Morvan - février 2018

 

Remerciements

Merci à Christian Epin pour son livre "Montreuillon - la durée et l'instant" écrit en 1989, si bien documenté, rédigé dans un style particulièrement agréable à lire et qui traduit l'attachement de l'auteur à ce village

Remerciements également à Michèle Guiblin, toujours en chasse d'nformation sur la vie d'antan à Montreuillon, à la recherche d'un document, d'une photo de classe et qui a permis de rassembler et d'identifier beaucoup d'anciens élèves.

 

Bibliographie

  • Badinter E., Badinter R.,1988, Condorcet - Un intellectuel politique, Ed. Fayard, Paris, 659 p.
  • Baudiau J-F., 1854 et 1867. Morvand ou Essai géographique, topographique et historique sur cette contrée, 1re édition en 2 volumes, 1854 Ed. Fay père et fils - Nevers. 2e édition en 3 volume 1865-1867 Ed. Librairie Guenegaud-Paris.
  • Buisson F. - 1888 - Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire - Ie partie t1, Ed. Hachette, Paris - p1 à 1308
  • Buisson F. - 1888 - Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire - Ie partie t2, Ed. Hachette, Paris - p1309 à 3103
  • Buisson F. - 1888 - Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire - IIe partie t1, Ed. Hachette, Paris - p1 à 1000
  • Buisson F. - 1888 - Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire - IIe partie t2, Ed. Hachette, Paris - p1001 à 2491
  • Bruley J., 1966 - Le Morvan cœur de la France, t.2, Ed. La Morvandelle, Paris, 581 p.
  • Buisson F., 1929, Condorcet, Ed. F. Alcan, Paris, 137 p.
  • Castelot A., 1980 - Talleyrand ou le cynisme - Librairie académique Perrin, Paris - 717 p./li>
  • Chambrure E. de, 1978 - Glossaire du Morvan, Ed. Laffite Reprints - Marseille- Réimpression de l'édition de 1878 de H. Champion - Paris et Dejussieu Père et Fils - Autun - 966 p.
  • Charrault L., 1933, Dans l'ombre du Morvan, Ed. Lai Pouèlée - Chateau-chinon- 263 p.
  • Coutel C. et Kintzler C., 1994, Condorcet, Cinq mémoires sur l'instruction publique (1791)Ed. Garnier-Flammarion - Paris, 380 p.
  • Gréard O. - 1873 - La législation de l'instruction primaire en France depuis 1789 jusqu'à nos jours - de 1789 à 1833, t1 - Typographie Delalain Frères, imprimeurs de l'Université, Paris
  • Epin C.Académie du Morvan, 1989. Montreuillon - La durée et l'instant, Ed. Parimage, 247 p.
  • Lacouture J.,1991, Les Jésuites - Les Conquérants, t.I, Ed.du Seuil, Paris, 509 p.
  • Lacouture J.,1992, Les Jésuites - Les Revenants, t.II, Ed; du Seuil, 683 p.
  • Lesage P. - 1975 - La pédagogie dans les écoles mutuelles au xixe siècle - Revue française de pédagogie 31:62-70
  • Levainville J. - 1909 - Le Morvan - Ed. du Bastion, 303 p.
  • Thuillier G. - 1977 - Pour une histoire du quotidien au xixe siècle en Nivernais - Ed.Mouton & Co et &Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris, 490 p.
  • Vigreux M. Académie du Morvan - 1987 - Paysans et notables du Morvan au xixe siècle (jusqu'en 1914) - Académie du Morvan, Château-Chinon, 756 p.
  • Vincenot H. - 1976 - La vie quotidienne des paysans bourguignons au temps de Lamartine Ed Hachette, 448 p.
  • Verneuil Y. - 2014 - Coéducation et mixité : la polémique sur la gémination des écoles publiques dans le premier tiers du xxe siècle Le Mouvement Social, vol. 248, no. 3, 2014, pp. 47-69.
  • Verneuil Y. - 2014 - L’école et la laïcité, de l’Ancien Régime à nos jours : enjeux du passé, enjeux dépassés ? Tréma, 37:130-143

 

Documentation numérique

 

Notes

  1. C.-M. de Talleyrand-Périgord : Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838). Ecclésiastique contre son grès, il devint évêque d'Autun en 1788. Ce fut un homme de pouvoir sous tous les régimes : agent général et député des Etats généraux sous la monarchie, Pt de l'Assemblée nationale et ambassadeur sous la Révolution, ministre des relations extérieures sous le Directoire (1re république), le Consulat et le 1er Empire, Pt du gouvernement provisoire, ministre des Affaires étrangères et Pt du Conseil des Ministres sous la Restauration, ambassadeur sous la Monarchie de Juillet. C'était un diplomate exceptionnel, un homme des lumières et un libéral. Il était surnommé "le diable boiteux" et affublé aussi des qualificatifs moins flatteurs ! Il était à la fois célèbre, pour son cynisme, ses vices et sa propension à la corruption, mais aussi pour son intelligence et son pragmatisme visionnaire (qui lui a en tout cas permis, en cette période plus que troublée de mourir dans son lit à l'âge de 84 ans , tout en ayant sauvé son âme in extremis, en se réconciliant au moment de sa mort, avec l'église !).
  2. Condorcet : Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat Marquis de Condorcet (1743-1794), ancien élève des Jésuites, était un intellectuel brillant comme peu d'époques en ont connu. A la fois mathématicien génial comme le montrent ses travaux sur le calcul intégral, les probabilités et les statistiques, mais aussi philosophe des lumières et politicien. Il était Secrétaire de l'Académie des sciences et de l'Académie française et il fut l'un des responsables de l'adoption du système métrique. Très éclectique et foisonnant d'idées, il défendit la cause de femmes, se prononçant pour leur droit de vote (il fallut attendre plus de 150 ans et le général de Gaulle pour que ses idées soient reprises) ou encore, il était opposé à la peine de mort et défendit Louis XVI (!). Il proposa un système d'assurances agricoles et de mesure du risque. Enfin il fut à la source de ce qui deviendra l'éducation nationale. Malheureusement, en cette période politique révolutionnaire difficile, il devenait trop gênant : il mourut en prison, probablement assassiné et son corps fut jeté en fosse commune.
  3. Marie-Joseph de Chénier : il était le frère du poète André Marie de Chénier guillotiné à l'âge de 31 ans. Marie-Joseph s'essaya à la littérature avec moins de succés que son frère puis au théatre où il fut plus heureux.
  4. La Chambre introuvable : sous la seconde restauration Louis XVIII qualifia la Chambre des députés "introuvable" car il pensait qu’il n’aurait pu en rêver d'une aussi favorable à son trône. En fait, les "ultra", "plus royaliste que le roi" allèrent trop loin dans leurs actions contre-révolutionnaire, et Louis XVIII dut déchanter.
  5. ultras et libéraux : les ultra étaient plus royalistes que le roi, les libéraux prônaient plus de liberté et souhaitaient favoriser la bourgeoisie
  6. Maréchal Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont (1774-1852) Duc de Raguse : "c'était un homme hautain, infatué de lui-même" disait de lui Napoléon. Aide de camp de ce dernier il a su profiter de sa bienveillance mais le trahit sans vergogne en avril 1814, lors du siège de Paris. Il passa à l'ennemi (Louis XVIII) avec tout son régiment, privant Napoléon de toute possibilité de riposte et l'amenant à abdiquer. Pendant un siècle le terme "raguser" était employé pour qualifier la traîtrise. Il fut nommé Ministre sous la restauration. En juillet 1830 il fit donner l'artillerie sur la foule parisienne. Il suivit Charles X en exil et publia ses mémoire qualifiées par Cuvillier-Fleury de "triomphe de l'orgueuil".
  7. Saint-simonisme : Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825), imaginait une société utopique, un socialisme qui se voulait à la fois une morale, une politique et une religion. Il révait d'une société parfaite, pacifiée par les sciences et la technologie, contrôlée par les industriels et les savants.
  8. Le manuel républicain de l'homme et du citoyen : écrit par Charles Renouvier, Hippolyte Carnot qui en avait encouragé la publication ne l'avait pas lu. En juin 1848 il servit de support contre lui et cela entraina sa démission.
  9. M.-E. de Talleyrand-Périgord : Augustin-Marie-Elie-Charles de Talleyrand, Duc de Périgord (1788-1879 ) marié en 1807 à Marie-Nicolette-Appoline de Choiseul-Praslin (1789-1866) (fille de César-Hippolyte de Choiseul-Praslin et de Louise-Joséphine de Choiseul-Esguilly),. Ils eurent un fils Augustin-René-Adalbert-Paul de Talleyrand-Périgord (1811-1879) et une petite-fille, Cécile-Charlotte-Marie de Talleyrand-Périgord (1854-1890) qui seront parrain et marraine de la cloche de l'église St-Jacques installée en 1872
  10. A. de Choiseul : Albéric-César-Guy de Choiseul-Praslin (1787-1868) Comte de Praslin, Pair de France. Frère de Marie-Nicolette de Choiseul-Praslin.
  11. Ni Dieu ni maître : slogan de l'anarchiste Pierre Joseph Proudhon (1809-1865) il militait pour la liberté individuelle, la propriété privée si elle était acquise par le travail et contre la religion mais aussi contre l'Etat et toute forme d'organisation. Il était en cela un adversaire majeur des socialistes et de K. Marx.
  12. Vive la sociale ! : slogan de la Commune de Paris (1871). Sur les baricades, les militants socialistes chantaient "Vive la sociale, ma mère / Vive la sociale / Tous les patrons sont des canailles / Vive la sociale".
  13. L'assaut de St-Michel de Frigolet : l'abbaye St-Michel de Frigolet à quelques kilomètresm de Maillane en Provence hébergeait une quarantaine de chanoines réguliers Prémontrés. Entre 1831 et 1841, le site devint un collège fréquenté en particulier par Frédéric Mistral. Le 5 novembre 1880, l'édifice fut entouré de 2000 soldats de la gendarmerie, de l'infanterie et de la cavalerie, flanqués d'un général, d'un Préfet, un sous-préfet, d'un commisaire de police et équipés de matériel d'escalade, chaînes, poutres, béliers et de haches : de quoi prendre d'assaut une forteresse ! Tout cela devant une foule hilare favorable aux moines. L'assaut de l'édifice non défendu fut donné pendant l'office, que personne n'osa déranger (Etat anticlérical certes mais pas téméraire au point d'affronter Dieu ...) et les 40 moines furent emmenés par 11 brigades de gendarmerie et le renfort d'un escadron de Dragon ! Les moines furent expulsés en Belgique, à Leffe. L'ami de F.Mistral, A.Daudet décrivit l'événement dans Port-Tarascon- 3e volet de sa trilogie de Tartarin et l'événement inspira un poème à victor Hugo.
  14. Abbaye Notre-Dame de Leffe  : Leffe se trouve au nord de la ville de Dinant en Belgique - province de Namur sur la rive droite de la Meuse. L'abbaye très endomagée par la révolution française devint une verrerie en 1816, puis une papeterie puis une usine de Lin. Elle fut réhabilitée par les moines de Frigolet expulsés de France qui la rachetèrent en 1902. Une partie des chanoines revint à Frigolet en 1923, d'autres restèrent en Belgique. C'est en 1952 que l'activité brassicole fut reprise assurant ainsi des revenus financiers à l'Abbaye et pour le plus grand plaisir des amateurs de bière !
  15. Loi Goblet : En reprenant le texte de la loi Goblet de 1886 ("dans les établissements du premier degré publics, l'enseignement est exclusivement confié à un personnel laïque" (art. L 141-5)) le Code de l'éducation de 2018 serait aujourd'hui jugé inconstitutionnel par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH). En effet il s'agirait d'une discrimination fondée sur la religion concernant le droit des religieux à exercer un métier. Faudrait il encore qu'une congrégation la saisisse !
  16. Laïcité : le terme fait partie du vocabulaire théologique catholique et désigne un fidèle baptisé mais non-clerc. C'est pourquoi le terme n'est employé à aucun moment dans le texte de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905 présentée par A. Briand alors qu'il l'était dans la loi Goblet de 1886. Celui-ci était sans doute moins attaché à la sémantique que celui-là !
  17. Le concordat en Alsace : jusqu'à ce jour le clergé, catholique, protestant et juif bénéficie des avantages du concordat accordé par Napoléon Ier et maintenu par les allemands. En effet en 1919 les Alsaciens menacèrent de ne pas voter le rattachement à la France s'il était supprimé !
  18. Jean Zay : il rédigea le 6 mars 1924 un poème dédié à Paul Dreux avec l'intention de le publier dans un livre qu'il eut appelé "les respects". Le texte intitulé "le Drapeau " qualifiait l'emblème français de "saloperie tricolore", de "petite guenille" et de "torche-cul". Jean Zay était un intellectuel brillant, fils de journaliste et avocat qui n'aurait évidemment pas rédigé ce texte sans réflexion. Il traduisait simplement un antimilitarisme viscéral, très répandu à gauche (sauf quand les dictatures communistes étaient concernées). Ce poème qui lui fut reproché toute sa vie, n'a pas empêché cependant le transfert de ses cendres au Panthéon, par le Président Hollande en 2015, malgré les polémiques que cela suscita. Conformément au protocole, ses restes entrèrent dans le célébre édifice, recouverts …  du drapeau tricolore !
  19. Le CNR : le Conseil National de la Résistance regroupait des hommes politiques, des syndicalistes, des chefs de réseaux de résistance, des journalistes, de toute tendance politique qui réfléchissaient et se réunissait dans la clandestinité pour discuter de l'avenir de la France après la libération (qui en 1943 était loin d'être acquise !). le CNR fut formalisé en février 1943 et la première réunion se tint en mai. Le rôle du CNR fut capital à la libération car il permit au général de Gaulle, de se prévaloir du mandat de l'ensemble des forces vives du pays pour créer le GPRF et de prendre des décisions rapidement sans que des réactions partisanes, syndicales ou politiques ne paralysent le pays.
  20. Tiers-temps pédagogique : aménagement des horaires en fonctions des disciplines : matières fondamentales (mathématiques, français) le matin, matières d'éveil (Histoire-géographie, musique, dessin) l'après-midi
  21. Enseignement des jésuites : en 2017 le Lycee jésuite St-Louis de Gonzague par exemple avait 100% de reussite au Baccalauréat, 100% de mentions dont 80% de mentions TB (91% en 2016) toutes filières confondues … ! Faut il s'étonner que N.Condorcet, J.Jaurès, C.de Gaulle, C.Peguy, J.Zay, F.Mitterand, M.Rocard, J.Chirac, L.Fabius, E.Macron et tant d'autres aient tiré profit de cet enseignement ?
  22. Soeurs de la charité : fondées par St Vincent de Paul en 1633 portaient la cornette coiffure issue des coiffes paysannes du XVIIe siècle en Ile-de-France

 

 

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