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Le Morvan au cœur de l'Europe
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Histoire

De Tesgone à Montreuillon

Sur les chemins de Compostelle

Emblème de Compostelle

Un prieuré, une maison-Dieu, une église dédicacée à St-Jacques, des communautés ... des tavernes :
Une étape sur le chemin de St-Jacques de Compostelle !


 

Les coulisses d'un pélerinage

L'église catholique dans le tourmente

Au delà du mythe d'un Moyen-age vertueux mobilisant une foule de chrétiens de toute l'Europe dans le seul but de rendre gloire à Dieu, le pélerinage à Saint-Jacques de Compostelle fut aussi bien autre chose et en particulier une réponse de l'église à deux menaces graves :

  • l'une extérieure qui naquit au viie et viiie siècle avec la colonisation arabe musulmane des territoires byzantins juifs et chrétiens du Moyen-Orient. Des envahisseurs qui conquirent ensuite les pays berbères du Mahgreb et la péninsule ibérique chrétienne. Ils remontèrent jusqu'à la Loire mais un coup d'arrêt fut donné par le Duc d'Austrasie, 'Maire' de Neutrie et de Bourgogne1 'Charles Martel' chef des Francs, en 732 et son petit-fils Charlemagne2 les repoussa au delà des 'Marches d'Espagne'3. L'occupation de la péninsule dura pourtant encore pendant presque 8 siècles (711-1492). La Reconquista4 assimilée à une croisade en fut la réponse.

 

  • l'autre intérieure que constituait le conflit de confusion des pouvoirs entre les souverains et le pontife romain qui aboutira au grand schisme d'Occcident du xve siècle et à ses papes multiples.
    En 1009, la destruction du Saint-sépulcre par le Calife fatimide al-Hakim-Biamrilah et en 1078 l'interdiction faite aux chrétiens de se rendre en pélerinage à Jérusalem donna un excellent prétexte aux chefs de l'église catholique d'en appeler aux croisades (1096-1291). Cette mobilisation contre un ennemi commun et l'excomunication permit au Vatican de renforcer son autorité.

Saint-Jacques le Majeur, en Galice

Saint Jacques5 l'un des 12 apôtres, était un homme passionné qui évangélisa Cadix, Saragosse et la Galice avant de revenir à Jérusalem où il fut exécuté vers l'an 42.

Ensuite la légende voudrait que sa dépouille fut transportée depuis la Palestine jusqu'en Galice (cf. le codex calixtinus6) en passant par le détroit de Gibraltar sur une barque guidée seulement par un ange, le vent et les courants ….

Fort opportunément ses reliques furent "retrouvées" en Galice par l'ermite Pelayo7 guidé par 'un champs d'étoile' en 813 lors de l'avènement de la Reconquista.

L'évêque Théodomir, perspicace et surtout visionnaire, n'eut pas besoin de tests ADN pour affirmer qu'il s'agissait bien de Saint-Jacques, mort 7 siècles plus tôt qui était inhumé dans ce tumulus celtique.

Avec l'aval du pape Léon III, il construisit une église53 dédicacée au Saint-apôtre à Compostelle8 qui devint l'objectif d'un pélerinage susceptible de remplacer celui de Jérusalem ou de Rome. La 'chronique de Turpin'9, peu rigoureuse sur la chronologie historique, contribua, en associant le nom de Charlemagne à l'aventure, à assurer la diffusion de l'événement en Europe pendant plusieurs siècles.

Enfin, la légende voulait aussi que le fougueux évangélisateur, son esprit ou son fantôme ait participé, sabre au clair sur son cheval blanc à la victoire de Clavijo en 844 devenant ainsi définitivement Santiago matamoros10, le symbole de la lutte contre les Maures11 et le saint patron de l'Espagne moderne.

Le pélerinage fut organisé et instrumentalisé pour consolider la foi sous l'autorité du pape, faire circuler l'innovation, la culture et le commerce mais aussi pour galvaniser le peuple contre l'infidèle et recruter ! Il est difficile de définir les priorités retenues dans l'esprit de ses initiateurs !

L'église est très prudente aujourd'hui pour évoquer la réalité des reliques de St-Jacques, elle ne parle plus que du "mémorial de Saint-Jacques" (Jean-Paul II) et la cathédrale est seulement "liée à la mémoire de St-Jacques" (Benoît XVI) … seul un pape jésuite pourrait maintenant trouver une formule plus elliptique …!

A Montreuillon, la statue d'un Jacques-le-Majeur pacifique en tenue de jacquet12 témoigne d'un riche passé fait d'échanges et d'ouverture sur le monde.

Les prémices de la Reconquista

La Bourgogne, la Galice et Cluny

Il s'agissait de soutenir les royaumes chrétiens du nord de la péninsule hispanique et de mobiliser l'Europe contre les Maures. La Bourgogne et plus particulièrement l'Abbaye de Cluny en appui au pape en furent de grands promoteurs

Le 11 septembre 910, Guillaume Ier dit "le pieux", Duc d'Aquitaine et Comte d'Auvergne, du Velay, de Macon et de Bourges et soucieux du salut de son âme céda un terrain à une douzaine de religieux et créa l'abbaye de Cluny22. Les moines suivaient la règle de St-Benoît et devaient miséricorde aux pauvres, aux indigents, aux étrangers et aux voyageurs. L'Institution bourguignonne , ne dépendant d'aucun souverain si ce n'est le pape, avec un millier d'abbayes-filles devint avec le temps l'une des plus prestigieuses de l'occident.

Hughes de Dalmace de Semur, Abbé de Cluny, qui deviendra Saint-Hughes, fut un grand acteur du rapprochement du monde clunisien et de la Galice. En 1090 il donna sa nièce Constance27 en mariage à Alphonse VI dit "le brave" roi de Castille de León et de Galice. Soutenus par Cluny et le pape Grégoire VII (ancien clunisien !) le Roi firent appel aux chevaliers bourguignons pour reconquérir Tolède, la capitale historique du royaume wisigoth. C'est aussi un clunisien, Bernard de Sédirac qui en fut le premier archevêque en 1085. L'Ordre clunisien s'établit à Sahagún. La fille d'Alphonse VI, Urraque qui devint reine de León et de Castille en 1108 fut mariée à Raymond de Bourgogne fils de Guillaume Ier de Bourgogne. De même que sa fille illegitime Thérèse de León avec Henri de Bourgogne, Comte du Portugal dont le fils sera le premier roi du Portugal, Alphonse Ier

Bien que Cluny fut très lié à la Galice, rien ne laisse à penser que l'abbaye ait joué un rôle actif dans le promotion du pélerinage mais l'aura de l'institution et la présence de nombreuses reliques ne pouvait qu'attirer les pélerins. Alors comment se fait il qu'aucun des grands itinéraires ne passe par là ? Cette aberration montre avec quelle prudence il faut considérer l'aspect historique des grands itinéraires cités dans le 'codex calixtinus'.

Les papes et la reconquista

Dès 1011 le pape Serge IV avait compris que la mobilisation religieuse des souverains européens contre l'ennemi commun musulman, qui avait déja conquis toute le péninsule ibérique et qui avait détruit l'église du St-sépulcre à Jérusalem redonnerai du pouvoir à la papauté. En 1063, Alexandre II offrit des indulgences spéciales à ceux qui partiraient combattre Al-Andalus et encore Urbain II qui n'hésita pas à faire un faux document pour justifier la première croisade (1095-1099). Sitôt Jésuralem reprise aux Fatimides, le Pape Pascal II demanda aux croisés de revenir combattre les Maures en Europe.

L'esprit de croisade a bien animé les acteurs de la reconquista et les papes ont utilisé les même arguments : promesse de paradis, indulgences, droit de tuer, de piller et de violer l'infidèle et éventuellement excomunication du souverain qui ne répondait pas à la demande papale.

Sur les route de Compostelle

Les pélerins

Les centaines de milliers de pélerins qui se rendent à Compostelle aujourd'hui le font à pieds, pour des raisons spirituelles (54%), lors d'un pélerinage religieux (38%) ou simplement par amour de la randonnée ou de l'exploit sportif (8%) (source : Oficina de Acogida de peregino), mais lors de la "découverte" des reliques de St-Jacques et des siècles qui suivirent, ce n'était pas aussi évident.

Certains pélerins animés par la foi prenaient la route pour offrir leur souffrance à Dieu pour leur rédemption et celle de leurs proches. Ils choisisaient leur itinéraire en fonction des établissements religieux possédant des reliques sur lesquelles ils pouvaient prier, l'un pour faire libérer un ami (St-Léonard26), l'autre pour guérir d'une maladie de peau (St-Antoine) ; l'église favorisait beaucoup ce type de dévotion55. Ils récupéraient une preuve de leur passage qui leur servait de sauf-conduit sur leur chemin (plus tard ce sera un crédentiel visé à chaque étape.)

D'autre partaient participer à la reconquista, soit par idéal chrétien, soit parce que trop pauvres13 ils estimaient qu'ils n'avaient pas grand chose à perdre et qu'ils vivraient mieux comme soldat, avec la bénédiction de l'église.

Les uns et les autres prenaient la route, en cette période où les maladies étaient souvent incurable, où les forêts étaient peuplées de brigands n'hésitant pas à rançonner ou à tuer le voyageur, où les chemins étaient souvent impraticables, où le passage des ponts (quand ils existaient) et des rivières étaient payants, où les biaudes et les sandales en mauvais matériaux résistaient mal aux intempéries. Ceux là, qui n'étaient pas les centaines de milliers de la légende, méritaient le respect !

Mais il serait trop simple d'imaginer qu'il ait suffit de désigner Saint-Jacques en Galice pour que tout le monde prenne le bourdon14 ! L'église était toute puissante au xe siècle, toute faute, même civile était jugée à l'aune religieuse. Coupable ou non, le personnage incriminé était facilement condamné à faire le "pélerinage" ou à partir en croisade car l'Église avait grand besoin de combattants.

Alors il y avait aussi bien des Seigneurs-voyous qui se déplaçaient en carrosse ou payaient des miséreux pour marcher à leur place, que de vrais criminels envoyés purger leur peine sur les chemins de St-Jacques en espérant ne plus les revoir, que des "hérétiques" convertis ou non qui devaient partir en pénitence sur le pélerinage. Effectivement, en se croisant ils étaient absous de tout et pouvaient tuer et piller les musulmans en toute impunité.

Il y avait de tout sur les routes y compris des bandits de grands chemins qui parcouraient les campagnes vétus en pélerins. Ils détroussaient les voyageurs hébergés dans les Maisons-Dieu15 ou chez des hôtes charitables ou les dépouillaient au détour d'un bois. Mais ceux là n'allaient pas jusqu'en Galice !

A l'arrivée les "Jacquets" 14 était pris en charge par des moines qui les guidaient dans leurs dévotions, mais il y avait aussi à proximité des moines-soldats recruteurs pour les convaincre de s'enrôler et combattre l'Infidèle. Comme lors des recrutement pour les croisades, le pape relayé par le clergé local leur promettait le pardon de leurs péchés et le paradis s'ils mouraient. Il faisait miroiter aussi la qualité de vie dans la péninsule et le droit de pillage en cas de victoire : le pauvre morvandiau, à qui était promis l'aventure de sa vie s'imaginait revenir couvert de gloire et de respect, avec de l'argent qui sortirait définitivement sa famille de la misère, alors il s'engageait.

Les itinéraires

Le 'codex calixtinus'6 évoque 4 grands itinéraires pour se rendre en Galice . Même s'il fut reconnu que ce document était apocryphe (un faux), l'usage est de retenir ces indications au vu de traces laissées par le pélerinage (noms de lieux, maison-Dieu, églises dédicacées à St-Jacques, etc.) et ceci même si bien d'autres itinéraires étaient possibles voire probables : la via Turonensis16 partant de Paris, la via Lemovicensis17 partant de Vézelay, la via Podiensis18 partant du Puy-en-Velay, la via Tolosana partant d'Arles19. Bien sûr, chaque point de départ était relié en amont aux chemins venant d'Angleterre et de Bretagne, du Nord et de Scandinavie, de Suisse et d'Allemagne ou de Toscane et de la péninsule italienne. Tous ces chemins se rejoignaient à La Puenta la Reina en Navarre pour constituer le camino francés20. Ils pouvaient aussi rejoindre San Sebastian et le 'Camino del Norte21 qui longeait le littoral !

Il y avait en effet une multitude de variantes, tant au départ qu'à l'arrivée : pour un catalan de Perpignan par exemple, plutôt que de prendre la via tolosana, il valait mieux pour lui, emprunter le chemin de Sant Jaume, passer la montagne à La-Jonquère et poursuivre par Figueres, Girone, Montserrat et Leida ou encore par Comprondon, Ripoll et Leida ou encore suivre le Segre et passer par La Seu d'Urgell et Leida ou enfin Vielha, Jaca par le Val d'Aran. Après Leida tous passaient par Saragosse et Logroño où il rejoignait le 'camino francés' ou le 'Camino del Norte'.

En Morvan, étant donné la grande influence de l'abbaye de Cluny22 et ses relations avec la Galice, il est impossible d'imaginer que les pélerins qui en 3 étapes pouvaient s'y rendre aient préfèré partir directement pour Limoges. Ils étaient dans un environnement clunisien dense (voir carte) où tous les 30 km il existait une abbaye-fille ou un prieuré pour les héberger, leur fournir les sauf-conduits nécessaires et leur permettre de prier sur de saintes reliques.

De plus le grand nombre de communautés taisibles en Morvan et de frérèches en Velay étaient autant de relais où dormir en sécurité, recevoir quelques soins et s'endreuler23 avec une bonne soupe du fond24. Cela lui coûtait seulement de laisser ses allumettes à la 'Maîtresse' avant de dormir dans la grange, de donner la nouvelle25, d'animer le soir la prière des complies et la promesse de prier pour eux à St-Jacques de Compostelle. Rejoindre ensuite Cluny, Le-Puy-en-Velay et la via Podiensis par la montagne et la forêt ne représentait pas une épreuve insurmontable pour ces rudes marcheurs.

Choisir un itinéraire dépendait aussi d'autres critères : un jeune vigoureux sachant manier le bourdon et le poignard avait plus de choix qu'un malade. Voyager en groupe était une sécurité ou un danger selon les compagnons de route …

Ainsi, Montreuillon qui était situé à un carrefour de communication de voies romaines et de chemins médiévaux devait être un passage fréquenté. Depuis Vézelay et après avoir fait leurs dévotions à Corbigny sur les reliques de St-Léonard26, les pélerins pouvaient se faire héberger et soigner à la Maison-Dieu ou dans une communauté, aller prier en l'église St-Jacques du village ou au prieuré et échanger avec d'autres voyageurs dans l'une des nombreuses tavernes qui existaient dans ce village pour décider en connaissance de cause de partir vers Nevers ou passer par Cluny via Chateau-Chinon ou Moulin-Engilbert.

 

Quelques Ordres de Moines-soldats

St-Jacques de l'épée
St-Jacques
de l'épée
calatrava
Ordre de Calatrava
alcantara
Ordre d'Alcantara
montessa
Ordre de ND
de Montessa
alfama
St-Georges d'Alfama
montjoie
Ordre de ND
de Montjoie
Merci
Ordre de ND
de la Merci
Evora
Ordre d'Evora
christ
Chevaliers du Christ
tau
St-Jacques d'Altopascio

 

Discussion et conclusions

Le pélerinage, instrument de l'Histoire

Les Rois Carolingiens régnèrent du viiie au xe siècle sur un solide royaume construit sur les ruines de l'Austrasie mérovingienne par un homme fort, Charles (surnommé Martel, le "marteau") qui mit son propre fils Pépin le Bref sur le trône en 754.

L'invasion musulmane du viiie siècle fit trembler les souverains des royaumes féodaux d'Europe et des papes. Elle fut stoppée sur la Loire en atteignant la Neustrie1 de Charles Martel et repoussée sur les Marches d'Espagne2, mais la colonisation de la péninsule ibérique dura quand même 8 siècles.

Le pélerinage à St-Jacques de Compostelle fut construit sur des éléments tellements romanesques et sa mise en place tellement à propos qu'il est difficile d'imaginer que les véritables objectifs ne soient pas à la fois spirituels (approfondissement de la foi chrétienne face à l'islam), matériels (mise en oeuvre de la Reconquista nécessitant l'enrôlement de nombreux soldats) et politiques (souveraineté du pape). De nombreux Ordres militaires de moines-soldats furent alors créés qui furent curieusement dissous à l'issue de la Reconquista. A l'Est, neuf croisades furent envoyées en Terre-sainte alors que seule la première fut un succés et que dès la troisième l'autorisation de pélerinage à Jérusalem était acquise.

Ce pélerinage créé dans l'urgence eut pourtant des conséquences considérables, dans l'arrêt de l'extension musulmane en Europe, le développement d'échanges commerciaux, la mise en place de réseaux universitaires, en particulier en médecine, en philosophie et en mathématiques. Enfin comme un symbole et un outil de l'approfondissement de la foi chrétienne, jusqu'à aujourd'hui

Itinéraires et variantes

En 1984 les Chemins de Compostelle furent labellisés "Itinéraires culturels Européens" (ICE) par le Conseil de l'Europe. En 1993 et en 1998 le 'camino frances' en Espagne et les quatre Chemins de St-Jacques de Compostelle en France furent inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO sur la base d'une liste de monuments établie par les Etats.

Ceux ci s'appuyèrent sur le 'codex calixtinus'6 et la chronique de Turpin9. Or tous deux étaient des documents apocryphes reconnus comme tels !

Le choix des monuments aussi était surprenant, comme ce dolmen dans le Lot censé baliser un itinéraire jacquaire …
d'où l'interrogation : les monuments ont ils permis de définir un itinéraire ou au contraire l'objectif était il de retrouver les propositions du codex (et des élus locaux informés !) et retenir les édifices qui le jalonnaient tant bien que mal ?

Fallait il constituer un comité de soutien et brûler les préfectures pour que les petits villages morvandiaux qui avaient vu passer les rois en croisade, possédaient une maison-Dieu et une église dédicacée51 à St-Jacques soient officiellement reconnus comme l'une des étape (même modeste) vers Compostelle ?

Quoiqu'il en soit, il est établi, que cette démarche était populaire (même s'il ne mobilisait pas autant de fidèles que l'hagiographie du pélerinage le dit !) et que le clergé en assurait une communication efficace même si les motivations était des plus diverses : foi, circuits commerciaux, réseaux culturels, Reconquista.

Vers l'arrivée, les itinéraires protégés par les Ordres militaire devaient être plus fréquentés que d'autres et gageons que le vrai pélerin devait être au moins autant concerné que le paysan autochtone, le commerçant ou le philosophe voyageur ; ils étaient en sécurité : tant qu'il s'agissait de pourfendre du sarrazin et de piller ses biens, les moines-soldats ne devaient pas s'en priver !

Par contre au départ, les Morvandiaux ne partaient pas en "voyage organisé", ils étaient analphabètes, n'avaient jamais consulté une carte de géographie et n'avaient jamais vu la mer : ils connaissaient de nom quelques grandes abbayes comme Vezelay et Cluny et tout le reste était à découvrir. Ils allaient de village en village, en se renseignant à l'étapes auprès de ceux qui avaient été informés par ouï-dire ou par un jacquet de retour.

Leurs hôtes devaient leur indiquer les sites religieux possédant des reliques mais aussi les passages difficiles, dangereux ou mal fréquentés à un moment donné. Si bien qu'il devait exister un grand nombre de "variantes" des "chemins de Compostelle" et plusieurs passaient par Montreuillon !

 

Michel Partiot Académie du Morvan - février 2016

Bibliographie

  • Blin L., 1957,Notes sur deux chemins anciens de Lyon au Charolais - Annales de Bourgogne 113 : 7-22 - t.xxix
  • Blin L., 1976, Recherches sur un chemin médiéval - de l'Yonne à la Loire par Vezelay et Moulins-Engilbert - Bull. de la Société des Sciences de l'Yonne, 106:17-38
  • Bordonove G. - 1993 - La tragédie des TempliersEd. Pygmalion / G.Watelet - Paris, 417 p.
  • Bossut N. - 1986 - La déchristianisation dans le district de Corbigny en l'an II - Bull. n° 23, Académie du Morvan, Château-Chinon, 49 p.
  • Bouchoux C.,2014, Vivre et mourir en Morvan - du xvie au xviiie siècle - 1re partie : Les approches topographiques et démographiques, Bull. Acad. du Morvan, n° 77, 72 p.
  • Bouchoux C.,2015, Vivre et mourir en Morvan - du xvie au xviiie siècle - 2e partie : Les migrations. La peur du loup, Bull. Acad. du Morvan, n° 79, 44 p.
  • Bruley J., 1966 - Le Morvan cœur de la France-tome II, Ed. La Morvandelle, Paris, 581 p.
  • Chambrure E. de, 1978 - Glossaire du Morvan, Ed. Laffite Reprints - Marseille- Réimpression de l'édition de 1878 de H. Champion - Paris et Dejussieu Père et Fils - Autun - 966 p.
  • Conrad P. - 1999 - Histoire de la Reconquista - Coll. Que sais-je ? - PUF, Paris. 128 p.
  • Courtois J.E., Olivier L. - 1985 - Le Morvan et les "barbares" (276-732) - Bull. n° 21, Académie du Morvan, Château-Chinon, 65 p.
  • Epin C., 1989. Montreuillon - La durée et l'instant, Ed. Parimage, 247 p.
  • Kepel G. 2004 - Fitna, Guerre au coeur de l'islam (Essai) - Ed. Gallimard, 380 p.
  • Le Goff J. 2003 - L'Europe est elle née au Moyen-Âge ? Ed. du Seuil, 340 p.
  • Levainville J. - 1909 - Le Morvan - Ed. du Bastion, 303 p.
  • Péricard-Méa D., Mollaret L. - 2010 - Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial Ed. La Louve, 368 p.
  • Pinard L. - 1990 - Mentalités religieuses en Morvan méridional au xixe siècle - Bull. n° 30-31, Académie du Morvan, Château-Chinon, 113 p.
  • Roux-Perino J. - 1999 - Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle - Ed MSM, Vic-en-Bigorre, 320 p.

Documentation numérique

Notes

  1. Neustrie et Bourgogne : territoires conquis au ve et vie siècle par les Francs. La Neustrie allait de Soisson au Nord à Nantes, Tours et Cosne-sur-Loire au Sud, la Bourgogne comprenait une partie de la Suisse, Arles au Sud, Bourges à l'Ouest
  2. Charlemagne et les Maures : en dehors des interventions directes de l'Empereur pour consolider la 'Marche d'Espagne', frontière sud de son empire (victoires sur les Maures à Gérone en 785, Pamplune et Barcelone en 801) il prenait la suite de son grand-père Charles (dit 'Charles Martel') qui mit fin en 732 à Poitiers aux razzias sarrazines (cf. pillage d'Autun et d'Ourroux en Morvan vers 731, ...), et repoussa définitivement les troupes d'Al-Andalûs au delà des Pyrénées en 737
  3. Marche d'Espagne : frontière politico-militaire sud de l'Empire carolingien tenue par des garnisons (Gérone, Barcelone, ...)
  4. Reconquista : reconquête par les royaumes chrétiens, de la péninsule ibérique colonisée par les musulmans au viie siècle. Elle commença en 718 pour finir en 1492 avec Ferdinand II d'Aragon et "Isabelle la catholique"
  5. Saint-Jacques : de son vrai nom Yaakov (Jacob) Bar-Zebdi, Jacques-le-Majeur devenu Saint-Jacques était l'un des 12 apôtres et le frère ainé de Jean. Il était appelé "Jacques, fils de Zébédé" dans le nouveau testament et connu comme un homme passionné et fougueux. Il évangélisa la région de Cadix, fit un séjour à Rome, revint à Cadix, Saragosse et la Galice vers Compostelle.Il revint à Jérusalem où ses prêches enflammés ne furent pas appréciés. Il fut exécuté par le glaive par ordre d'Hérode Agrippa vers l'an 42.
  6. Codex Calixtinus : manuscrit en latin du xiie siècle. Il aurait été écrit par le moine clunisien Aymeric Picaud qui accompagnait le pape Calixt II en pélerinage a St-Jacques, mais son origine est très contestée. Il fut oublié pendant 6 siècle, édité en latin en 1882, traduit et réédité en 1938. Il s'agissait d'une compilation de documents dont le "guide du pélerin" décrivant entre autre choses les routes de Compostelle bien qu'aucune indication n'ait laissé penser qu'un pélerin ait un jour utilisé ce livre comme guide. Il amena néanmoins le Conseil de l'Europe en 1987 à déclarer le chemin de St-Jacques "premier itinéraire culturel européen" et ces chemins furent également validés par l'UNESCO (en oubliant un peu rapidement que le pélerinage a été instauré dans le cadre guerrier de la reconquista et qu'il existait beaucoup d'autres chemins qui reliaient Cordou et les intellectuels des anciennes abbayes et universités d'Europe (Cluny dès le xe siècle, Bologne au xie, Modène et Paris au xiie siècle, Oxford, etc. au xiiie siècle, qui ne passaient pas par Compostelle, mais c'est une autre histoire ... !)
  7. Pelayo : vers 813, le moine-ermite Pelage aurait retrouvé le tombeau de St-Jacques en étant guidé par une pluis d'étoiles, d'où le nom "campus stellae" ou "champ des l'étoiles" qui aurait donné "Compostelle"
  8. Saint-Jacques -de-Compostelle : ancien lieu de culte druidique, les romains y construisirent un mausolée et une petite ville naquit, "Asseconia". Elle fut christianisée du ie au iiie siècle. En 866 Alphonse III le Grand fit de Santiago un évéché dont le premier évêque venait de Cluny (!). En 997 la ville fut pillée par les maures. En 1080, Alphonse VI épousa Constance de Damas, nièce d'Hugues abbé de Cluny, s'attachant ainsi l'appui du puissant ordre de Cluny et de la maison de Bourgogne. La reconquista était en route ... Jusqu'au xviiie siècle Saint Jacques de Compostelle était appelée "Saint-Jacques-en-Galice"
  9. La chronique de Turpin : ouvrage sur l'histoire de Charlemagne attribuée à tort à l'archevêque de Reims Turpin. Ouvrage compilant des chants populaires traitant essentiellement de la guerre d'Espagne. Il est décrit Charlemagne voyant en songe St-Jacques lui demandant de délivrer ses reliques et de construire beaucoup de monastères. Elle aurait été écrite en latin au xie siècle , probablement par un moine de St-André-de-Vienne en dauphiné et traduite en français par la suite
  10. Santiago matamoros : Saint Jacques le matamore ou "le tueur de maures"
  11. Maures : ou "Mores" désignait en Europe de l'Ouest les habitants de la "Maurétanie" (Mauritanie) donc des berbères. Après avoir colonisé le Maghreb les arabes ont reçu également cette appellation qui s'est étendue à tout musulman.
  12. Jacquets : pélerin de Saint Jacques de Compostelle. Il avait en main le 'bourdon', en bandoulière la besace (appelée aussi malette ou panetière) qui contenait sa pitance, la calebasse (courge séchée et vidée) et la boite à certificats. Il était vétu d'une biaude arrivant au genou, d'un chapeau à large bord et parfois d'un 'surcot' sorte de large cape qui le protégeait des intempéries. A son retour il portait en insigne la coquille St-Jacques prouvant qu'il revenait bien de Galice et qui parfois était réputée pourvue de pouvoir spéciaux.
  13. pélerin pauvre : au Moyen-Age la pauvreté pouvait être très profonde. Certaines familles perdaient régulièrement des enfants morts de faim ou de froid. Même ceux qui possédaient une petite ferme étaient dans le Morvan à la limite de la survie : une grange qui brûlait et c'était une partie de la famille qui devait quitter le foyer pour vendre sa force de travail ailleurs. Alors quand un moine-recruteur leur proposait de se croiser, comme ils n'avaient rien à perdre hors leur vie, ils s'engageaient.
  14. Bourdon : bâton de bois dur qui aidait la marche mais aussi, servait d'arme de défense éventuelle
  15. Maison-Dieu : auberge-hôpital rural hébergeant et prodigant des soins aux pauvres, aux femmes enceintes et aux pélerins; Elles balisaient les chemins de Compostelle sans pour cela être dédiées au pélerinage. Dans les villes, les Maison-Dieu importantes devenaient des "Hôtel-Dieu", ancêtres des hôpitaux modernes. A Montreuillon elle était situé sur la rive droite de l'Yonne entre l'ancien garage et l'ancien abattoir, en amont du pont sur l'Yonne sur la rive droite. La chapelle de La Pitié qui lui était attachée a existée jusqu'au xviiie siècle : selon St-Augustin, seule la grâce de Dieu pouvait guérir, le malade était un "pénitent" qui se rachetait par sa souffrance apaisée par la compassion ; Vu l'état de la medecine à cette époque, ce n'était pas faux ! Cela explique aussi l'importance de la chapelle jouxtant la partie hôtelière.
  16. Via Turonensis : grands itinéraires de Compostelle partant du Paris et passant par Tours et l'Aquitaine
  17. Via Lemovicensis : l'un des grands itinéraires de Compostelle partant de Vézelay et passant par le Berry et Limoges
  18. Via Podiensis : l'un des grands itinéraires de Compostelle partant du Puy-en-Velay et passant par le Massif Central et les Causses, Conques et Moissac
  19. Via Tolosana : l'un des grands itinéraires de Compostelle partant d'Arles et passant au Nord des Pyrénées par Toulouse
  20. Camino francés : Puenta la Reina, Logroño, Burgos, León, Sarriá et Santiago de Compostela
  21. Camino del norte : San Sebastian, Bilbao, Santander, Guón, Lugo et Santiago de Compostela
  22. Abbaye de Cluny : Le 11 septembre 910, Guillaume Ier dit "le pieux", Duc d'Aquitaine et Comte d'Auvergne, du Velay, de Macon et de Bourges céda un terrain à une douzaine de moines bénédictain vivant sous la règle de St-Augustin et créa l'abbaye de Cluny. Avec le temps l'Institution bourguignone située en limite de régions de droit germanique et romain, à la frontière linguistique entre la langue d'oc et d'oïl, ne dépendant d'aucun souverain si ce n'est le pape, avec un millier d'abbayes-filles devint l'une des plus prestigieuses de l'occident. Elle bénéficia de l'action de 4 premiers abbés exceptionels, Odon (927-942), Mayeul (954-994), Odilon 994-1049) et Hughes (1049-1109). Après l'épisode peu glorieux de l'indigne abbé Pons, excommunié en 1122, Le dernier des grands abbés, Pierre de Monboissier mort en 1156 ne put empêcher la lente et comfortable sclérose qui sera dénoncée par St-Bernard de Claivaux. Leurs successeurs furent plus politiques que religieux (famille de Guise, Armand du Plessis, cardinal de Richelieu, prince de Conti, ...) En 1757 Le dernier abbé avant la Révolution, D. de La Rochefoucault mit en place "l'étroite observance" mais en 1790 les communautés religieuses furent dissoutes, les moines expulsés, les biens confisqués, le mobilier, les tombeaux et mausolés détruits par les révolutionnaires. En 1798 l'église abbatiale fut elle même démolie.
  23. S'endreuler : reprendre des forces en patois morvandiau (E. de Chambrure - 1878)
  24. Soupe du fond : ceux qui connaissent les ragoûts traditionnels morvandiaux savent bien que c'est au fond du pot que l'on trouve le meilleur et surtout le plus consistant !
  25. Donner la nouvelle : comme dans toutes les sociétés rurales le voyageur devait se présenter à ses hôtes et donner des informations sur les lieux traversés. Cela permettait de faire le lien avec la famille ou des connaissances commune et de faire circuler l'information.
  26. Saint-Léonard : Saint-patron des prisonniers il était vénéré pour son pouvoir à les faire libérer. Etant donné la justice expéditive de l'époque, c'était sans doute le moyen le plus efficace d'y parvenir ...
  27. Constance de Bourgogne : fille de Robert Ier Duc de Bourgogne et de Hélie de Semur-en-Brionnais
  28. Wisigoths : peuple germanique issu des Goths, originaire de l'actuelle Ukraine et Biélo-Russie. Ils se répartirent en 2 groupes, les Greuthunges (Ostrogoths) et les Tervinges (Wisigoths). Ils furent tantôt alliés, tantôt adversaires de l'Empire romain et migrèrent vers l'Aquitaine et le royaume de Toulouse au début du ve siècle et furent repoussé vers la péninsule ibérique par les Francs et les Romains.
  29. Septimanie : actuel Languedoc
  30. Al-Andalûs : territoires de la péninsule ibérique conquis par les Maures
  31. Omeyyades : dynastie arabe gouvernant le monde musulman (de l'espagne à l'Iran) de 661 à 750
  32. L'Hispanie musulmane : les essais d'invasion des provinces basques et montagneuses des Pyrénées et l'extension au Nord jusqu'à Poitiers furent repoussées. Le royaume des Asturies (pays basque, Cantabrie, Asturies et Galice) resta chrétien et c'est là que la reconquista prendra racine.
  33. Almoravides : ou Marabouthinn, berbères sahariens d'origine Touareg qui fondèrent une dynastie sur le Maghreb central et l'Andalousie (1086).
  34. "al-Mansûr" : Muhammad ibn Abî'Amir (vers 937-1002) vizir du calife omeyyade Hichâm II. "al-Mansûr" ou Almazor en espagnol signifie "le victorieux" un chef de guerre brutal et intolérant, métis berbère qui mena un jihad impitoyable destiné essentiellement à humilier ses adversaires. Parmi ses oeuvres, la prise et le pillage de Barcelone et de Saint-Jacques de Compostelle. Logiquement il provoqua une prise de conscience de l'occident chrétien en particulier des Catalans qui en prenant en 1006 la ville de Torà marquèrent le début effectif de la reconquista.
  35. Royaumes des Tawa'if : appelé aussi Reyes de Taïfa. Le califat d'Al-Andalus a éclaté en 1008 lors d'une guerre civile ('fitna') en de nombreux royaumes composés parfois seulement d'une citadelle.
  36. Almohades : ou Mouahhedoun, dynastie berbère régnant sur l'Afrique septentrionale et la moitié de l'Espagne de 1147 à 1269.
  37. 1re croisade : (1095-1099) prêchée par Urbain II. La croisade populaire conduite par Pierre-l'Ermite et Gautier-sans-avoir, une bande indisciplinée, inorganisée qui se livra au pillage en Hongrie et à Constantinople massacra des juifs et fut finalement massacrée et par les Turcs et par les Hongrois. Elle n'atteignit jamais le Saint-Sépulcre. Elle fut suivie par la croisade des Barons (Godefroi de Bouillon, Bohémond et Tancrède, Raymond de St-Gilles et adhémar de Monteil) véritable armée expérimentée et bien commandée qui rendit Jérusalem aux chrétiens
  38. 2e croisade : (1147-1149) à la suite de la chute d'Edesse, une nouvelle croisade fut prêchée par le pape Eugène III et surtout par Bernard de Claivaux à Vézelay. Il obtint l'adhésion de Louis VII, accompagné de son épouse Aliénor d'Acquitaine, la fougueuse amoureuse et celle de Conrad III, Empereur du St empire romain germanique. Ce fut un échec total.
  39. 3e croisade : (1189-1192) prêchée par Grégoire VIII ; elle fut appelée la croisade des Rois : Philippe-Auguste et Richard Coeur de Lion qui passèrent par Montreuillon pour s'y rendre et Frédéric Barberousse. Ils prirent quelques ports dont St-Jean-d'Acre, mais ce fut un nouvel échec devant Jérusalem. Ils obtinrent cependant la libre circulation dans la ville pour les pélerins et les marchands
  40. 4e croisade : (1199-1205) prêchée par Innocent III, elle fut conduite par Henri de Champagne, détournée de ses objectifs par Venise et s'attaqua à la ville catholique de Zara devenues hongroises. Le pape excomunia vénitiens et croisés mais cette expédition déjà catastrophique se pursuivit par le sac de Constantinople par les croisés en 1204 consacrant la rupture entre les églises catholique et orthodoxe. Les croisés n'atteignirent jamais la Terre sainte, seuls le Vénitiens y gagnèrent des comptoirs maritimes et s'assurèrent une prépondérance commerciale sur le Méditerranée.
  41. 5e croisade : (1217-1221) prêchée par Innocent III ; En 1215 Le 4me concile de Latran désigna Simon de Montfort pour mener la croisade contre les Albigeois. Pendant ce temps, en terre Sainte, les musulmans quittaient Jerusalem après avoir détruit les remparts pour rendre la ville indéfendable. A défaut, les croisés prirent Damiette mais durent rendre la ville après leur échec au Caire. La croisade fut un nouveau fiasco.
  42. 6e croisade : (1228-1229) Frédéric II, déjà excommunié engaga la sixième croisade à son initiative. Il conquit Jérusalem par la négociation pour 10 ans, ce qui était un camouflet pour le pape !
  43. Croisade des Barons : (1239-1241)à la suite de l'appel de Grégoire IX, Thibaud de Champagne accompagné de nombreux seigneurs dont Hughes IV de Bourgogne et Guigues IV de Forez, Comte de Nevers débarquèrent à St-Jean d'Acre sans cohérence militaire, ni connaissance du milieu diplomatique, ni du respects des engagements de l'expédition précédente. La croisade fut encore un échec qui se confirmera en 1244 par la perte définitive de Jérusalem.
  44. 7e croisade : (1248-1254) en 1244 les croisés perdirent définitivement Jérusalem. Louis IX organisa une nouvelle croisade qui fut décimée par la maladie et le Roi fut fait prisonnier. Après paiement d'une forte rançon, le futur Saint Louis rentra en France. La croisade aura été inutile
  45. 8e croisade : (1270) Saint Louis repartit en croisade et mit le siège devant Tunis. Une bonne partie des croisés et le roi lui même mourut de dysenterie. Nouvel échec
  46. 9e croisade : (1271-1272) bien organisée par Édouard d'Angleterre (futur Édouard Ier) mais avec un effectif insuffisant il dut négocier et revenir en Europe
  47. Croisade des enfants : mythe ou réalité, en 1212, il s'agirait d'une croisade populaire partant du principe qu'avec l'aide de Dieu il suffisait d'amener des enfants (ou de pauvres gens) désarmés devant les villes de Terre-sainte pour que les soldats jettent les armes. Le chiffre de 30 000 enfants fut avancé. Pour certains auteurs les pélerins inorganisés n'atteignirent pas Marseille, pour d'autres ils furent amenés en bateau à Tunis où ils furent immédiatement vendus comme esclaves !
  48. 1re croisade des pastoureaux : en 1251, des prédicateurs populaires (Jacques de Citeaux, un moine hongrois) prétendaient que Louis IX (futur St-Louis) ne pouvait être libéré que par des humbles et des bergers. Il rassembla 50 000 bergers et paysans et se mit à leur tête. A Bourges ils massacrèrent les juifs, à Bordeaux ils procèdent à des pillages et furent férocement réprimés. Le mouvement se poursuivit en Rhénanie et en Italie du Nord où ils sont de plus en plus massacrés quelques rescapés arrivèrent cependant à Marseille d'où ils purent rejoindre Acre et les croisés
  49. 2e croisade des pastoureaux : en 1320, lors d'un pélerinage au Mont St-Michel quelques beaux-parleurs prêchèrent l'urgence du "Saint voyage" pour combattre les infidèles. Ces bandes convergèrent vers Paris, mais Jean XXII excommunia tous ceux qui se croisaient sans autorisation pontificale ! Ils redescendirent vers le sud par Tours et ce ne fut sur leur passage que pogroms, massacres et pillages depuis la Saintonge jusqu'aux Pyrénées, ils furent arrêtés et écrasés à Carcassonne par les armées du Languedoc et du Béarn. Toutes les routes furent barrées et tous ceux qui "ressemblaient" à tort ou à raison à un pastoureau étaient pendus. Il ne faisait pas bon être pélerin dans cette région à cette époque !
  50. croisade contre les Albigeois : à partir de 1160 apparition du catharisme en Languedoc. Intervention de Simon de Montfort relayé par Louis VIII et achevée par l'Inquisition en 1321
  51. dédicace d'un édifice religieux : consécration au culte de l'édifice sous l'égide d'un Saint-patron
  52. Fitna : terme arabe (fitnan au pluriel) désignant les guerres civiles. Actuellement il désigne surtout les affrontements entre musulmans sunnites et chiites
  53. La Basilique de St-Jacques de Compostelle : Une première église fut construite lors de la "découverte" des reliques de St-Jacques vers 813. L'édifice fut agrandi en 899 et détruit par les Maures en 997. Une nouvelle église plus grande fut érigée en 1009 mais elle devint trop petite pour accueillir tous les fidèles. En 1075 la construction d'une véritable cathédrale capable d'accueillir de nombreux pélerins fut entreprise et après maints événements fut achevée et consacrée en 1211. Au cours des siècles une tour, le coupole, plusieurs chapelles et une façade baroque furent ajoutées
  54. Averroes : (1126-1198) appelé en arabe Ibn Rochd (forme réduite du nom) C'était un libre-penseur musulman, philosophe, théologien, juriste, mathématicien et médecin passioné d'Aristote, son maître à penser. Pour lui, le Coran pouvait être interprêté par la raison et il n'existait aucune contradiction entre la philosophie et la parole du prophète (ce qui lui valut bien des soucis avec les intégristes). Il fit redécouvrir à l'occident son héritage grec.
  55. Culte des reliques : L'Église catholique a toujours favorisé le culte des reliques, faisant de la publicité au vol de fausses-reliques qui ainsi étaient authentifiées, tout comme l'ont été les 2 têtes et les 32 doigts de St-Pierre, sans compter que St-Blaise aurait eu 8 bras, St-Matthieu 11 jambes, etc. Enfin, à tout seigneur tout honneur, Jésus-Christ aurait eu 14 prépuces, quant aux innombrables morceaux de la "vraie croix" ... ! Souvent génée par le coté mercantile ou en tout cas idolâtre du culte, l'Église évoque la "communion des saints" qui serait un pont entre les vivants et les morts. Comment ne pas penser aux religions celtiques ou au culte des ancêtres à Madagascar ? À croire que de tout temps, l'homme aurait eu besoin de cette liaison forte avec ceux qui l'ont précédé sur cette terre !

 

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